Sidérurgie : mais où est donc passée la crise ?08/12/20062006Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Sidérurgie : mais où est donc passée la crise ?

Lorraine - Après avoir multiplié par 9 ses bénéfices en 2004, Arcelor, numéro deux mondial de l'acier, vient encore de les multiplier par 2 au premier semestre 2005 : 1,94 milliard d'euros. Le numéro un, Mittal Steel, lui aussi, se porte comme un charme. Ses bénéfices ont été multipliés par 4 l'an dernier et Lakshmi Mittal, son propriétaire, est devenu la 3ème fortune de la planète.

Tout va pour le mieux pour les rois de l'acier. Il n'y a plus trace de la prétendue crise de la sidérurgie qui, pendant 30 ans, revenait comme les champignons après la pluie. Elle a permis de justifier les licenciements et les aides massives de l'État aux maîtres de forge. Ils sont allés planter leurs capitaux ailleurs.

La crise a disparu et la sidérurgie est redevenue largement bénéficiaire, mais cela ne freine absolument pas les suppressions d'emplois : Mittal a annoncé vouloir liquider le quart de ses effectifs au niveau mondial. Arcelor, lui, par la bouche d'un dirigeant cité par le Républicain Lorrain, explique "nous devons réussir le challenge de la réduction des coûts", entendez suppressions d'emplois.

Plusieurs installations d'Arcelor sont ainsi en cours de fermeture : les hauts fourneaux de Brême en Allemagne en 2006, puis ceux de Liège en Belgique et ceux de Florange - les derniers de Lorraine - d'ici 2009-2010. Plusieurs milliers d'emplois vont encore passer à la trappe.

Quant aux aides de l'État, elles n'ont jamais cessé. Seul le nom change. Elles s'appellent aujourd'hui "pôle de compétitivité", 67 pôles ayant été officiellement acceptés par le gouvernement en juillet. Ils se partageront 1,5 milliard d'euros, sous forme d'aides directes et d'exonérations fiscales et sociales accordées à des projets regroupant des industriels et des centres de recherche.

En Lorraine, un pôle de compétitivité baptisé MIPI, pour Matériaux Innovants Produits Intelligents (!), a été agréé par les pouvoirs publics. Les principaux bénéficiaires - Arcelor, Mittal, Saint Gobain - avaient en effet bien besoin d'innover pour justifier de nouvelles aides publiques !

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