Brève
Frontaliers
Une Sécu pour tous... payée par le patronat
Le gouvernement français a décidé d'obliger les travailleurs frontaliers à cotiser à la sécurité sociale française pour leur couverture maladie à partir de juin 2014.
Jusqu'à présent ils avaient le choix de cotiser auprès d'assurances privées qui sont proportionnelles aux garanties couvertes et qui sont fort injustes car calculées en fonction de l'âge. Les cotisations à la sécurité sociale, elles, étant proportionnelles aux revenus ce qui est tout de même plus juste. Bien sûr les salariés les mieux payés - et les assurances privées ! - ont le plus à perdre de ce changement et il n'est pas étonnant que la droite soit aussi vent debout contre cette réforme.
Si le gouvernement veut faire rentrer de l'argent dans les caisses de la sécurité sociale plutôt que dans les caisses des assurances privées, pourquoi pas, mais il n'y a aucune raison que les salariés perdent du pouvoir d'achat, même si les cotisations sont déductibles des impôts. Mais le gouvernement ne veut pas plus imposer le patronat suisse que le patronat français.
Un certain nombre de travailleurs frontaliers s'apprêtent à manifester à Paris le 16 octobre avec leurs associations, après avoir manifesté en nombre à plusieurs reprises, pour exprimer leur désaccord sur cette mesure.
Certaines associations se mobilisent au nom de la "liberté" du choix de cotiser aux assurances privées, de la même façon que la droite et le patronat défendent en France la "liberté" du choix de travailler le dimanche. Or les frontaliers sont indispensables au patronat suisse. C'est donc à lui de payer leurs cotisations pour la sécurité sociale française.