Brève
Visite du président sénégalais à Alstom (Reichshoffen)
Françafrique et perfusion étatique
L'État sénégalais vient de commander à Alstom quinze trains qui doivent relier Dakar à un nouvel aéroport, avec une option pour sept trains supplémentaires. Le 19 décembre, le président de ce pays est venu, accompagné de six ministres de son gouvernement, officialiser ce contrat à l'usine de Reichshoffen.
Le PDG d'Alstom s'est félicité que l'entreprise ait remporté cet appel d'offres et que cette commande donne du travail aux 1 100 travailleurs de l'usine de Reichshoffen. Sirugue, le secrétaire d'État chargé de l'Industrie – décidément un grand ami du patronat –, parle carrément d'« une vitrine offerte au savoir-faire d'Alstom et au savoir-faire français sur l'ensemble du continent africain ». Le président sénégalais a en outre annoncé que le développement et l'exploitation de la nouvelle ligne seront assurés par la RATP et la SNCF.
Ce petit monde se vante moins du fait que le marché, dont le montant n'a d'ailleurs pas été révélé, a été en partie financé par un prêt du Trésor français et de l'Agence française de développement. Il ne faudrait quand même pas qu'Alstom supporte des risques dans cette opération...
Quand les affaires vont prétendument mal, Alstom fait appel à l'aide de l'Etat. Et quand les affaires reprennent... Alstom fait appel à l'aide de l'Etat.