Brève
Université de Nancy
Solidaires contre la répression

A Nancy, malgré l’intervention de la police le 25 avril pour mettre fin au blocage de la faculté de Lettres débuté le 22 mars, la mobilisation continue. Le 3 mai, à l’occasion de la réouverture de la faculté pour les partiels, une assemblée générale regroupe une centaine de personnes. Les étudiants découvrent alors que des panneaux en bois ont été posés pour empêcher l’accès à une salle qu’ils utilisaient et aux locaux syndicaux et associatifs. Il est donc décidé d’occuper la salle des professeurs et les panneaux de bois sont enlevés.
La police, qui a été appelée, se positionne pour contrôler les entrées de la salle d’examen. Les étudiants mobilisés lancent des slogans, par-dessus les policiers, aux autres étudiants : « pas de partiels avec les flics » ! Mais une fois la salle d’examen remplie, la police charge sans sommation. Des personnes sont prises au hasard, plaquées au sol et menottées, et les autres sont repoussées hors de la faculté. Six étudiants sont placés en garde-à-vue prolongée à 48 heures. Un septième est même arrêté à son domicile avant d’être finalement libéré sans charges.
Pendant deux jours, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le commissariat puis le tribunal en soutien à leurs camarades. Le samedi 5 mai, à leur sortie de garde-à-vue, ils sont accueillis chaleureusement par une cinquantaine de personnes. Bien qu’ayant passés deux nuits dans des cellules sordides, ils racontent s’être serrés les coudes. Malgré les pressions, ils ont tous refusé la comparution immédiate pour « dégradation » ou « violence sur agent », certains s’opposant même au prélèvement d’ADN ou à la communication (obligatoire depuis peu) de leur code permettant de déverrouiller leur téléphone. Quel besoin la police a-t-elle d’utiliser ces méthodes scandaleuses contre des étudiants en lutte, si ce n’est pour les traiter comme des délinquants ou des terroristes ?
Pour s’encourager pendant leur détention, les étudiants lançaient des chants révolutionnaires, dont l’Internationale, à plusieurs reprises… jusqu’à agacer les policiers.