Brève
Saint Alban (banlieue toulousaine)
De l'amiante à ciel ouvert
Il aura fallu que cinq des quatorze travailleurs de l'entreprise de démolition GERLERO fassent valoir leur "droit de retrait" jeudi 26 mai, pour qu'on apprenne que 400 à 500 tonnes de déchets amiantés sont stockés à ciel ouvert, dans une zone habitée à quelques kilomètres du centre-ville de Toulouse.
L'entreprise GERLERO et fils se trouve en effet dans une zone industrielle à proximité de deux hypermarchés, voisine d'habitations ! Et pourtant, cela fait des mois que le médecin du travail comme la société de certification avaient signifié au patron « l'état de dégradation avancée » des sacs de déchets posés à même le sol, en plein air.
Que ce soit au niveau local, régional ou national, personne ne peut plus faire semblant d'ignorer les risques mortels que l'amiante (dégradée qui plus est) fait courir aux travailleurs qui la manipulent sans protection adaptée ainsi qu'à tous ceux qui en respirent des particules dans l'air. Suffisamment de travailleurs l'ont déjà payé de leur vie depuis le début du 20ème siècle.
Ceux de GERLERO ont mille fois raison de ne pas vouloir y laisser leur peau, celle des autres et sans doute aussi ... leur emploi.
Que le patron justifie son indifférence criminelle par des « difficultés financières » depuis 2008 est évidemment révélateur de ce que le système capitaliste, mû par l'appât du gain, peut engendrer comme comportement où la vie humaine compte pour du beurre.