Brève
Cugnaux (banlieue toulousaine)
Francazal : terrain à vendre, 10 centimes d’euro le mètre carré !
Depuis la dissolution de la base aérienne militaire de Francazal, les 290 hectares sont à reconvertir. A ce jour, il semble qu'en plus d'un aéroport civil, le projet de studios de cinéma a été approuvé par le gouvernement. Que ce soit pour l'un ou l'autre de ces projets, les besoins, les souhaits ou les exigences de la population ne sont jamais rentrés en ligne de compte dans les décisions.
D'après la dépêche du Midi, il est question que le projet de studio procure 5000 emplois potentiels dans des dizaines de métiers. Mais ce qui n'est pas potentiel mais bien réel, toujours d'après la Dépêche du Midi, c'est que la parcelle ait été rachetée à 1000€ l'hectare par un entrepreneur local, Bruno Granja, qui ferait ainsi une excellente affaire et aurait l'exploitation du site, et - n'en doutons pas - toutes les aides publiques qu'il demandera pour son petit commerce. Il n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai, puisqu'il a déjà fermé deux entreprises situées sur des terrains vendus à crédit par la municipalité, il y a plusieurs dizaines d'années.
Cette affaire illustre de toute façon le peu de cas des besoins de la population. A-t-on laissé le choix aux habitants de Cugnaux et des communes voisines ? N'y a-t-il pas des besoins non satisfaits en matière de logements sociaux, en infrastructures routières ou de transports publics, en structures culturelles ? Et pourquoi l'Etat, plutôt qu'un entrepreneur privé ne se chargerait-il pas de la reconversion du site après avoir organisé un vrai débat public sur la question ?
En réalité, l'Etat ne veut rien entreprendre de coûteux dans des domaines qui seraient pourtant utiles à la population, car il a consacré et consacre encore les finances publiques à aider les entrepreneurs grands ou moyens, les banquiers et les grands capitalistes. C'est la fameuse dette publique, dont aucun travailleur n'a vu la couleur, qui sert de prétexte à cette incurie.