Brève
Airbus (agglomération toulousaine)
Quand Ayrault se fait le chantre des patrons
Lors de l'inauguration de la chaîne A350, le premier ministre Ayrault a affirmé que c'est dans le cadre de la compétitivité que s'effectuait sa visite à Airbus. Pour lui, Airbus est devenu « le symbole d'une Europe performante et a démontré que la France et l'Europe peuvent réussir dans la compétitivité internationale ».
Au nom de la concurrence avec Boeing, au nom de la mauvaise parité dollar/euro, au nom de la concurrence avec les nouveaux constructeurs des pays « émergents », les salariés d'Airbus ont fait les frais - et ça continue - des plans Power8, Power8+, Vision 2020, etc. C'est à dire des milliers d'emplois supprimés en interne et dans la sous-traitance, des réorganisations avec externalisation d'ateliers et de services entiers (Aérolia), des délocalisations pour payer au lance-pierre les travailleurs indiens, russes, chinois... Tout ça sous la houlette de Gallois, hier, et de Enders, aujourd'hui.
Pour eux, la compétitivité, ça signifie aussi des embauches pas à la hauteur du plan de charge qui augmente sans arrêt, des heures supplémentaires à la toque, la précarité qui se développe : CDD, intérims. Et des salaires qui stagnent.
Par contre, les actionnaires se gavent et en veulent encore plus.
Voilà, l'entreprise vantée par Ayrault. Au lieu de fustiger la rapacité patronale, Ayrault et son gouvernement se placent du côté des exploiteurs.