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Brève
Grenoble
Réquisition des logements vides !

Depuis le 19 novembre, expulsées de leur logement par le bailleur social Actis, des familles de livreurs à vélo se battent pour être relogées.
Ils ont tenu vendredi 10 avril une conférence de presse où ils ont rappelé les conditions de travail épouvantables que leur imposent les plateformes Uber Eats et Deliveroo : des journées de travail interminables pour un salaire minable, des équipements de travail onéreux qu’ils doivent payer eux-mêmes. Une santé dégradée : troubles aux épaules, au dos, aux poignets, troubles urinaires car sur le vélo toute la journée, sans pause ni endroit pour aller aux toilettes. Agressions racistes et parfois sexuelles. Pas d’indemnisation en cas d’accident. Pas de congés payés. Accès aux soins difficile en raison de leurs problèmes de papier.
Ils ont ensuite dénoncé l’enfer quotidien qu’ils vivent, de retour de ce travail épuisant, en rejoignant le soir une salle dans les locaux de la Métropole où ils sont tous entassés depuis leur expulsion. 75 personnes (sur 150 au départ) y vivent encore. 40 personnes (sur ces 75) ont reçu une promesse de relogement en décembre… mais la remise des clés est sans cesse reculée. La promiscuité devient un enfer quotidien. Ces conditions insupportables ont entraîné des drames, comme deux fausses couches et un enfant mort-né, les mamans étant trop épuisées.
Au rassemblement de soutien, pas d’élus, pas de candidats qui avaient fait récemment maintes promesses, en particulier la nouvelle maire de Grenoble, Laurence Ruffin, à la tête d’une coalition de gauche. Elle avait proposé des brigades de réquisition pour recenser les logements et locaux vides… mais ce travail est déjà fait depuis longtemps par les associations mobilisées comme le DAL !
Alors le combat continue et c’est aux cris de « des logements il y en a, par la lutte on les aura » que s’est achevé le rassemblement.