Brève
Les homes pour amérindiens en Guyane
Quand une commission parlementaire met en lumière des crimes coloniaux.

Une sénatrice du Rhône dit qu’elle veut mettre en place une commission d'enquête sur les pensionnats pour les populations autochtones en Guyane, sous le titre « Vérité et réconciliation ». Mais celle-ci précise qu’elle ne souhaite pas sanctionner, ni l'État français, ni l'Église catholique alors responsable de ces pensionnats.
Le seul mérite de cette communication c'est de mettre en lumière une histoire peut connue.
Les « Homes », des pensionnats religieux, furent créés entre 1935 et la fin de la Seconde Guerre mondiale par l’Église catholique. Soutenus par l'État français dès 1946 ils prétendaient évangéliser et « assimiler » les populations amérindiennes et bushinengués. Sur le territoire guyanais, à Mana, Iracoubo, Saint-Laurent-du-Maroni, Sinnamary, Maripasoula puis Saint-Georges-de-l’Oyapock, neuf pensionnats ont été créés entre 1935 et 2012.
Sur la période en question, 2000 enfants bushinengés et amérindiens furent arrachés à leurs familles par les religieux, parfois avec l’aide de la gendarmerie, pour être placés dans ces instituts. Cette pratique a perduré jusqu’à très récemment, puisque la fermeture du dernier Home, situé à Saint-Georges, remonte à la fin de l’année scolaire 2023.
Outre la violence avec laquelle les enfants ont été arrachés à leurs familles, de nombreux rapports ont fait état de violences physiques et sexuelles de la part des encadrants de ces pensionnats.
Il parait que l'Église catholique n'a pas souhaité participer à cette commission. L'évêque de Guyane non seulement a prétexté que cette commission n'avait aucun sens mais il a déclaré : « Il ne faut pas analyser une époque avec les critères d’une autre époque. Il faut contextualiser. Je trouve que la France a été très généreuse en donnant l’accès à l’éducation à tous les enfants de Guyane ».
Cette « générosité », bon nombre de peuples écrasés par l'impérialisme s'en serait bien passée.