Incendie en forêt de Fontainebleau (77) : L’État a d’autres priorités16/07/20262026Brèves/medias/breve/images/2026/07/images_tz5P6f0.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C547%2C307_crop_detail.jpg2026-07-16

Leur société

Incendie en forêt de Fontainebleau (77)

L’État a d’autres priorités

Illustration - L’État a d’autres priorités

La forêt de Fontainebleau a été ravagée par un incendie qui a parcouru plus de 2 000 hectares. Le préfet de Seine-et- Marne s’est félicité en disant que « tout était prêt ». Il fallait oser.

Plus de 32 000 hectares ont déjà brûlé dans le pays, davantage que pendant toute la saison 2025. Le syndicat des pilotes de l’aviation civile affirme que « avec toute la flotte opérationnelle, on peut lutter sur un ou deux chantiers, pas plus », alors que les feux s’allument un peu partout : Pyrénées- Orientales, Drôme, Île-de-France. À Fontainebleau, tous les ingrédients étaient réunis pour la catastrophe : la directrice de l’Office national des forêts affirme que la situation était prévisible à cause de la sécheresse et d’une importante densité de population.

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre les incendies sont sous-dimensionnés. La flotte vieillissante de douze Canadair est largement insuffisante, et ce ne sont pas les deux appareils supplémentaires qui vont améliorer significativement la situation, d’autant qu’ils ne seront livrés qu’en 2028. Quelques hélicoptères viennent en renfort, mais là aussi, c’est le système D : à Fontainebleau, ils sont venus se ravitailler à une piscine improvisée alimentée par les agriculteurs locaux.

Comme dans bien d’autres domaines, les impératifs de la lutte contre les incendies se heurtent au problème du financement. Les coupes dans le budget de la protection civile ont conduit à supprimer des commandes de Canadair, et il n’est même plus question de renouveler entièrement la flotte des vieux appareils, une promesse vite oubliée qu’avait faite Macron après les gigantesques incendies de 2022. Pourtant, le gouvernement a réussi à trouver les moyens pour commander de nouveaux Rafale : 152 en 2022, et pas moins de 286 en 2026.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé les employeurs à libérer leurs salariés engagés comme sapeurs pompiers volontaires. Cela n'a rien d’une contrainte à l’égard d’un patronat qui, justement, n’est pas très volontaire…. Nuñez s’est contenté d’envoyer un télégramme aux préfets leur demandant de sensibiliser les chefs d’entreprise à ce sujet : il y a 198 900 pompiers volontaires (salariés, pour la plupart) pour 44 000 professionnels. Malgré leur rôle indispensable, rien n’oblige leurs employeurs à les libérer et dans la majorité des cas les volontaires doivent prendre sur leurs congés. Il n’en va pas de même pour les soldats des éventuelles guerres : les réservistes de l’armée peuvent prendre dans l’année entre cinq et huit jours qui s’imposent à leurs patrons. On voit où sont les priorités.

Le 9 juillet, des parlementaires, de LFI à la droite, ont déposé une proposition de loi afin de créer un « fonds national d’adaptation des forêts aux risques d’incendies ». Si ce fonds voit le jour et est aussi efficace que celui prévu pour lutter contre les passoires thermiques ou sur l’adaptabilité des écoles, le problème ne risque pas d’être résolu.

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