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Brève
JOUE-LES-TOURS
Michelin s’expose sans complexes
Sur le parvis de la mairie de Joué-lès-Tours (banlieue de Tours, en Indre-et-Loire), on peut voir une expo-maison élaborée par Michelin et consacrée à l’histoire de l’usine Michelin de cette ville. Elle a recueilli l’enthousiasme sans réserves du maire de droite de Joué et des journalistes locaux de la Nouvelle République.
Ils ne craignent pas d’affirmer que l’exposition serait « saluée par les ex-bibs ». Il est permis de douter que tous les anciens travailleurs, ceux qui ont été licenciés, ceux dont la santé a été esquintée par le travail, ceux qui ont connu des décennies d’exploitation avec un salaire au ras des pâquerettes soient disposés à l’unanimité à applaudir leur patron. Mais ce n’est pas eux qui ont la parole, ni dans l’expo, ni dans la NR.
Bien sûr l’article a trouvé des témoignages d’anciens travailleurs qui évoquent leurs « superbes souvenirs », l’ambiance « formidable et très familiale » qui y régnait (soi-disant) … jusqu’aux années 90 où arrivent ce qu’ils appellent les « plans sociaux ».
La « chute des effectifs »… ? Non, ne parlons pas des sujets qui fâchent, puisque le but de l’expo est de « permettre aux habitants de s’approprier « le lien profond qui unit la municipalité à l’entreprise »…
Un lien réciproque ? Si Michelin décide de couper ce prétendu lien, à Joué comme ailleurs, il ne s’embarrassera ni de l’avis des travailleurs, ni de celui des habitants et même pas de la municipalité…
Bien sûr, l’histoire est écrite à la sauce Michelin. Les panneaux présentent chacun une année remarquable de l’histoire du site. Ainsi, 2014, qui a vu la fermeture de l’atelier Poids Lourd et la suppression de plus de 800 emplois est baptisée année de la « reconfiguration industrielle »… Ainsi une usine qui a eu plus de 4000 salariés dans les années 1980 est réduite aujourd’hui à deux petits ateliers d’à peine 160.
Quant à 2017, elle aurait été celle de la réussite de la « reconfiguration physique du site ». En vrai, un terrain vague de plusieurs hectares a succédé à l’usine démolie !