- Accueil
- Île de la Réunion
- Répression aux Comores : L'essence du gouvernement, c'est la dictature !
Brève
Répression aux Comores : L'essence du gouvernement, c'est la dictature !
L'annonce de nouvelles et fortes augmentations des carburants (+ 46 % pour le gazole, + 33 % pour le l’essence et + 28 % pour le pétrole lampant) par le gouvernement comorien le 9 mai dernier a déclenché la colère populaire.
Lundi 11 mai les taxiteurs se mettaient massivement en grève à l'appel de leur syndicat (Usukani Wa Masiwa », bloquant de fait toute possibilité de déplacements dans ce pays dépourvu de transports en commun. Le lendemain ils étaient suivis par les commerçants qui, à l'appel de leur syndicat le « Synaco » fermaient tous leurs rideaux.
Mercredi 13 mai, la colère gagna la population des quartiers populaires qui, autour de la capitale Moroni, mais aussi de Mutsamudu à Anjouan, érigèrent des barricades interdisant toute circulation.
C'est contre eux que le gouvernement et le chef de l'Etat, Azali Assoumani, absent du pays pour cause de participation au sommet « Africa Forward » à Nairobi, ont décidé de déclencher la répression en leur envoyant leurs forces de l'ordre.
Celles-ci se sont déchaînées parmi les cases sous tôle violentant jeunes, femmes et même enfants. L'un des policiers allant jusqu'à passer un pneu autour du cou d'une jeune femme, symbolisant la menace à peine voilée de mise à mort. Mais d'autres de ces sbires n'hésitèrent pas à tirer à balles réelles à Anjouan sur deux jeunes manifestants qui en sont morts.
Ces deux assassinats ont encore plus révolté la population. Le gouvernement a montré qu'il était prêt à lâcher ses chiens et malgré tout la protestation populaire a continué.
Ce qui l’a contraint, samedi 16 mai, à faire machine arrière et à suspendre ses hausses de prix.
C’est la preuve que pour imposer son droit à vivre décemment la population laborieuse ne peut compter que sur sa mobilisation et son unité contre ceux qui dominent et pillent la société.