RER (Île-de-France) : Air chaud et argent frais 01/10/2026 2026 Brèves /static/common/img/contenu-min.jpg 2026-10-01

Brève

RER (Île-de-France)

Air chaud et argent frais

Cet été, et jusqu’à fin septembre, des millions de voyageurs ont subi les fortes températures dans le RER, entassés dans des rames le plus souvent sans climatisation. C'était en particulier le cas pour les lignes B et D, qui desservent les banlieues Nord et Sud. Des vidéos catastrophiques témoignaient de quais saturés, de voyageurs abandonnant les rames arrêtées dans des conditions de températures insupportables et marchant le long des voies. Les cheminots et tous ceux qui travaillent près des voies ont dû eux aussi subir des températures pouvant aller jusqu’à 60 °C.

La région, l’État et la SNCF se sont savamment rejeté les responsabilités au fil du temps tout en sachant bien que les canicules se multiplient et sont plus intenses depuis des années. Le RER B fonctionne avec un matériel qui date d’un demi-siècle (les noms des rames, MI79 et MI84 indiquent les dates). 130 rames de RER B sur les 154 seraient équipées d’un système de « ventilation mécanique forcée réfrigérée » … qui n’est pas une climatisation. Ce système refroidit de quelques degrés seulement l’air pris à l’extérieur… quand il fonctionne. Mais dès qu’il fait chaud, les malaises se multiplient, les retards et le stress aussi…

En 2018 seulement, un plan avec apple d'offres a été lancé par Île-de-France Mobilités pour des rames climatisées. notamment, allait pouvoir profiter de cette grosse commande publique. Deux ans après, Île-de-France Mobilités a lancé une commande de 2,5 milliards d’euros pour des rames qui s’appelleront MI20. Les industriels (Alstom et Bombardier) se sont longuement disputé le marché, et les MI20 seront finalement produites par Alstom-CAF, un consortium franco-espagnol.

Les livraisons ont été reportées à plusieurs reprises, pour 2025, et finalement fin 2028 voire 2029. Les classes populaires auront attendu un demi-siècle pour que leurs rames soient adaptées aux conditions climatiques actuelles. Les milliards d’argent public engrangés par Alstom et autres capitalistes, eux, ne se sont pas fait attendre.

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