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Brève
Seul un mouvement collectif peut offrir une perspective d'avenir

Depuis fin septembre, le mouvement lycéen a volé la vedette aux journalistes et politiciens qui imposent habituellement les sujets de société. C’est d’autant plus remarquable que c’est un mouvement venu d’en bas, des jeunes à qui on ne demande jamais leur avis, et en plus de lycées populaires et peu connus.
On découvre la force d’un mouvement social : en bloquant leurs établissements, les lycéens ont grippé la mécanique habituelle de l’Éducation Nationale, une des institutions importantes de l’ordre établi. Ils ont refusé de jouer le jeu coutumier selon lequel il y a les grands et les petits, ceux qui commandent et ceux qui se soumettent. À leur façon, ils ont remis en cause le fonctionnement normal de la société, et c’est ce qui fait la force de leur mouvement et qui a attiré au-delà d’eux-mêmes.
Ce que le mouvement lycéen a révélé, ce sont les inégalités criantes entre les lycées, bien à rebours du mythe de l’égalité des chances. Elles se poursuivent chez les étudiants, dont la majorité deviendra les tâcherons de l’administration, si ce n’est chômeurs ou militaires, tandis qu’une minorité issue des familles privilégiées deviendra l’élite dirigeante de cette nation qui défend les riches. Et parmi eux, ce ne seront même pas les meilleurs élèves, car les résultats des études ne garantissent pas leur future position autant que leur naissance.
Ce mouvement, à sa façon, c’est-à-dire par les jeunes, a posé le problème de la société dans son ensemble, car elle est profondément inégalitaire. Il ne peut en être autrement quand c’est une minorité d’ultra-riches qui dirige pour ses profits et sa gloire personnels, et pour ce faire opprime la majorité et la maintient dans la pauvreté. Ils n’ont aucun avenir à offrir à l’humanité, sinon le réchauffement climatique, le chômage et la guerre.
Secouer ce cadre-là veut dire s’attaquer à la dictature des ultra-riches. Seule la population travailleuse en est capable, car elle tient toute l’économie entre ses mains, mais à condition de s’affirmer dans un mouvement collectif dont elle ait la direction. Comment donc faire en sorte que le mouvement ne soit pas recadré par les mêmes institutions bien-pensantes qui cherchent aujourd’hui à recadrer les lycéens (politiques, syndicats, etc.) ? Il faut que dans le mouvement nous nous choisissions des représentants en qui l’on ait vraiment confiance, car réellement sous le contrôle de la majorité travailleuse, et qui expriment vraiment ses intérêts. C’est une forme de démocratie infiniment plus directe que celle qu’on nous propose tous les cinq ans.
Préparer cette organisation, c’est le sens de la candidature de Nathalie Arthaud à l’élection présidentielle. Elle affirmera que seul un mouvement collectif des travailleurs peut offrir une perspective à l’ensemble de la population. Représenter ce courant c’est permettre que ceux qui y adhère puissent s’y raccrocher. C’est une première étape dans la construction d’un véritable parti, l’outil qui permettra aux mouvements de l’avenir de s’orienter vers un monde nouveau.