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Supprimez ce train que je ne saurais climatiser

Durant la vague de chaleur, du 20 au 28 mai, la SNCF a supprimé 30 trajets de trains Intercités sur Paris-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille, de crainte que leur climatisation ne tombe en panne. Mais plus que la chaleur, la vétusté du matériel roulant est en cause.
Les rames concernées sont les Corail mis en service entre 1975 et 1989, qui ont donc entre 37 et 51 ans. Par souci d’économie, l’État et la SNCF ont tardé à commander de nouvelles rames, usant celles-ci jusqu’à la corde. Et si la suppression choquante des Intercités, qui dépendent de l’État, a été médiatisée, les TER sont souvent équipés eux aussi de vieux Corail ou de matériel mal entretenu faute de moyens, et les pannes de climatisation y sont monnaie courante. Elles concernent l’ensemble des trains en raison de la vétusté de l’infrastructure, y compris sur les lignes à grande vitesse.
Dès que le thermomètre grimpe, que les matériaux se dilatent, le sous-investissement dans le renouvellement des voies et des caténaires se traduit par des pannes d’alimentation et des interruptions de circulation. Plusieurs centaines de passagers (deux TGV) sont restés bloqués pendant des heures dimanche 24 mai sur la ligne Paris-Lyon en raison d’une rupture de caténaire qui a provoqué la coupure de l’alimentation électrique sur la voie et l’arrêt de toute climatisation.
Risquer de cuire dans une rame bloquée ou rester à quai faute de train, voilà donc l’alternative laissée aux voyageurs. Quant à réaliser de véritables investissements dans le ferroviaire, les gouvernements attendent-ils d’en avoir besoin pour transporter des troupes et des armes avant de décréter un plan d’urgence nationale ?