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Brève
Tour Eiffel (Paris 7e)
Colère salutaire

Lundi 7 septembre, la tour Eiffel a fermé : les travailleurs étaient en grève pour exprimer leur indignation après la décision d’écarter le personnel féminin durant une visite, le samedi précédent. C’est la visite du monument par une délégation du BAPS, un groupe religieux proche du Premier ministre de l’Inde Modi, suprémaciste hindou et ultranationaliste, qui a entraîné la mise à l’écart des travailleuses. La délégation a demandé une visite « limitant les interactions avec les femmes ». La direction, aux petits soins pour la clientèle, surtout quand il s’agit de dignitaires proches d’un gouvernement « ami de la France » et amateur de ses Rafale, s’est empressée de s’exécuter. Des travailleuses ont dû quitter leur poste et se « cacher » dans les locaux de service, d’autres se sont vu refuser l’accès à la cantine. Un chef a accueilli une employée de boutique en lui disant « Tu ne devrais pas être là » !
La réaction des travailleurs a été unanime, hommes comme femmes. Toutes et tous ont été scandalisées par cette consigne et la CGT a aussitôt organisé une assemblée générale pour permettre à toutes et tous de cesser le travail et de se réunir sans attendre les cinq jours de préavis exigés en temps normal.
Interpellée, la responsable égalité hommes femmes du site a minimisé l’affaire, plus irritée par la réaction des travailleurs que par la consigne qui leur avait été donnée. Embarrassée, la direction s’est excusée a promis une enquête; prétend que la mesure ne vient pas d’elle et parle d’une initiative malheureuse.
Les salariés ont montré par leur grève que pour eux, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une formule creuse, contrairement à la direction.