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Editorial
Renforçons la mobilisation !

Samedi 24 octobre, des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs ont de nouveau manifesté. Le gouvernement, la droite et l’extrême droite, relayés par tous les médias, avaient pourtant tout fait pour nous faire peur et discréditer les manifestants. Les préfectures ont multiplié les intimidations et les interdictions de manifester. Ces manœuvres ont eu l’effet inverse : de véritables marées humaines étaient encore au rendez-vous, et on ne peut que s’en réjouir !
Cela a contraint le gouvernement à faire quelques promesses aux lycéens. Beaucoup sont bidon, mais le fait même qu’il ait dû faire un geste est la preuve que la contestation est le seul moyen de se faire respecter. Alors, approfondissons notre mobilisation contre le manque de moyens dans l’éducation et la santé, contre les bas salaires, les prix de l’énergie et la répression !
Pas de quartier pour les pauvres !
Près de 10 000 jeunes ont été arrêtés. Certains, parce qu’ils avaient écrit ACAB sur un bout de carton, d’autres parce qu’ils avaient jeté des pierres sur les policiers ! Le gouvernement dit défendre la liberté de manifester et de s’exprimer… sauf quand on veut s’en servir !
S’il s’agissait d’un pays pauvre, on qualifierait les pillages du 17 octobre d’émeutes de la faim et on s’interrogerait sur leurs causes. Ici, pas question de chercher à comprendre, il faut condamner et emprisonner à tour de bras ! Des dizaines de jeunes croupissent déjà en prison pour un butin de quelques centaines d’euros, quand des politiciens ou des chefs d’entreprise n’y dormiront pas une seule nuit après avoir détourné des millions.
Le message du gouvernement est clair : quand on appartient aux classes exploitées, il faut rester à sa place. On a droit à un semblant d’éducation, à un semblant de travail, à un semblant de logement, et il faut s’en contenter !
On est marginalisé, discriminé. On subit le racisme et, de plus en plus, la violence raciste, avec le risque de se faire tirer dessus, comme cela s’est produit à Trappes, vendredi dernier, où Pengo Bossio Wangi a été tué et cinq autres personnes grièvement blessées parce qu’ils étaient Noirs ou Arabes. Là encore, il faudrait se taire et se montrer respectueux des principes de « liberté, égalité, fraternité ». Cette hypocrisie fait enrager une partie de la jeunesse, et elle a raison !
Samedi dernier, les manifestants ont dénoncé tout à la fois la situation de la jeunesse, la vie chère, les guerres, les violences policières et le racisme. Et c’est tant mieux, parce que toutes ces colères n’en font qu’une, et elles témoignent d’une profonde volonté de changement.
Le vrai pillage
Le grand patronat mène une guerre aux travailleurs et aux classes populaires. L’exploitation, les bas salaires, le racket que représente l’inflation ne sont pas considérés comme du pillage, parce qu’ils sont consacrés par la loi. Il n’y a rien d’illégal à faire flamber le prix du carburant, mais c’est bel et bien du « vol », car les dizaines, voire les centaines d’euros qui sont pris dans notre portefeuille partent tout droit dans les coffres forts des actionnaires de compagnies pétrolières.
La société capitaliste s’est construite sur le droit au pillage accordé à la bourgeoisie. Celle-ci vole le fruit de notre labeur et met en coupe réglée la planète, imposant des privations toujours plus en décalage avec les possibilités, les progrès et les richesses immenses de la société.
Qui sème la misère récolte la colère !
Aujourd'hui, la colère gronde en France, mais aussi en Belgique, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Albanie… Partout, des millions de femmes et d’hommes sont poussés à la révolte par une minorité de parasites de plus en plus rapaces.
Pour que cette révolte qui monte puisse inverser le rapport de force, il faut que les travailleurs prennent leur place dans le mouvement et qu’ils fassent entrer les manifestations et la contestation, par les grèves, dans les entreprises. Car c’est là que se trouve le cœur du système, c’est-à-dire la machine à profits.
Le gouvernement espère désamorcer la colère des travailleurs en anticipant sur l’indexation du Smic. Il l’augmenterait de 15 euros, ce qui serait une provocation, car nous ne demandons pas l’aumône, nous revendiquons notre droit de vivre dignement. Ce qu’il nous faut, c’est un minimum de 2200 € net par mois et au moins 300 à 400 euros de plus sur tous les salaires !
Les confédérations syndicales appellent les travailleurs de tous les secteurs à une journée de grève le 5 novembre, c’est un des appels dont il faut s’emparer.