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Editorial
Vive la mobilisation lycéenne, et faisons naître celle des travailleurs ! Mardi 6 octobre, tous mobilisés !

Partie de la banlieue parisienne, la mobilisation lycéenne s’est étendue à tout le pays. Dans les lycées généraux ou professionnels, les grandes ou les petites villes, la jeunesse crie sa révolte et son ras-le-bol face au mépris de ceux qui nous gouvernent. Elle a mille fois raison. Elle n’accepte plus de subir, et nous aussi, travailleuses et travailleurs, n’acceptons plus l’inacceptable !
Des discours sur l’éducation, la jeunesse et « l’égalité des chances » il y en a ! Mais de nombreux établissements sont vétustes, mal entretenus avec des toilettes souvent impraticables. Les classes sont surchargées comme les emplois du temps. On manque d’enseignants, d’infirmières, d’AESH. La sélection sociale est impitoyable. Et plus les établissements sont populaires, moins ils ont de moyens.
Les lycéens, à commencer par ceux des banlieues ouvrières, sont laissés pour compte et méprisés. Cette réalité doit nous révolter autant que les jeunes. Et ont-ils tort de dénoncer le racisme et les discriminations ? Bien sûr que non ! Les propos des policiers de Carcassonne, des paroles humiliantes et insultantes contre tous ceux qui ne seraient pas « Français de souche » l’ont cruellement rappelé.
De quel côté est la violence ?
Surtout, ne nous laissons pas intoxiquer par les images de violences que les médias diffusent en boucle. Il y a un vrai mouvement de révolte, avec de justes revendications. En focalisant sur les seuls casseurs, gouvernement, droite et extrême droite veulent salir et discréditer une révolte légitime.
Ce battage autour de la violence des jeunes est d’autant plus révoltant que la police, quand elle ne cherche pas à provoquer elle-même des incidents, intervient avec brutalité, multipliant les charges violentes, les plaquages, les arrestations arbitraires, comme lors de la mobilisation des gilets jaunes. Tout cela contre des jeunes de 14 à 18 ans qui tentent de bloquer leur lycée.
Un jeune, blessé par un tir de grenade lacrymogène presque à bout portant, est défiguré à vie. Un autre a été éborgné. Alors, si une partie de la jeunesse veut en découdre, à qui la faute ?
Aux revendications lycéennes plus que justifiées, le gouvernement répond par les gaz lacrymogènes et la matraque. Il tente de tuer la contestation dans l’œuf, parce qu’en réalité, il n’a rien à proposer à la jeunesse.
Quel avenir pour la jeunesse ?
Pour le plus grand nombre, ce sera une vie de précarité et de labeur, plus dure encore que celle de leurs parents, les missions d’intérim, les contrats d’apprentissage qui ne débouchent sur rien. Pour ceux qui veulent faire des études supérieures, décrocher une place à l’université relève du parcours du combattant. Et ces études ne sont même plus la garantie d’un bon salaire et d’un vrai emploi.
On répète aux jeunes qu’à peine nés ils héritent de 3 600 milliards d’euros de dette. Que le réchauffement climatique va devenir de plus en plus invivable, et qu’ils doivent retrouver la fibre patriotique et se préparer à la guerre, c’est-à-dire être partants pour aller, un jour, se faire trouer la peau. Vous parlez d’un avenir !
La jeunesse a cette qualité de ne pas supporter l’injustice. Elle n’y est pas encore habituée et elle rejette le fatalisme. Sa mobilisation doit nous servir d’électrochoc, parce que oui, il faut que cela change !
Les plus grands casseurs sont au pouvoir. Ils cassent les hôpitaux, l’éducation, les retraites. Et qui les arrête ? Rien ne justifie que le gouvernement et le grand patronat, compagnies pétrolières en tête, nous fassent les poches. Des milliards s’entassent dans les coffres-forts de la bourgeoisie. Il faut les réquisitionner pour les consacrer aux salaires, à nos conditions de vie, à l’éducation, la santé et l’avenir de nos enfants !
La première des choses est de se battre pour que le racket à la pompe à essence s’arrête, et pour que le Premier ministre Lecornu remballe sa copie budgétaire. Pas touche aux pensions de retraite, pas touche aux APL, aux allocations familiales, à la prime de rentrée scolaire, aux salaires des fonctionnaires, au remboursement des médicaments.
Réquisition des profits et des fortunes du grand patronat ! L’argent doit aller à l’éducation, pas aux marchands de canon !
Les lycéens ont ouvert la voie avec l’enthousiasme de la jeunesse. Ajoutons à leur révolte celle des travailleurs. Joignons-nous, nombreux, aux manifestations du 6 octobre et des jours qui suivront.