11 novembre : célébrer le massacre ou ceux qui l’ont combattu ? 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Article du journal

11 novembre

célébrer le massacre ou ceux qui l’ont combattu ?

À compter de cette année, l’Éducation nationale exige qu’une cérémonie de commémoration du 11 Novembre, jour officiel de la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918) soit organisée dans chaque école élémentaire, collège et lycée du pays.

Pour ce faire, le gouvernement a baptisé cette journée : « Commémoration de la victoire et de la paix, hommage à tous les “Morts pour la France” », rendant obligatoires une minute de silence et le chant de La Marseillaise et conseillant vivement le dépôt d’une gerbe de fleurs, la tenue de discours et autres simagrées.

« Morts pour la France », les millions de soldats qui ont perdu la vie dans la boue des tranchées de cette guerre ? Et les presque autant de civils morts des suites des privations, maladies, bombardements et massacres ? Certainement pas : la guerre que le gouvernement veut obliger les jeunes, et bien sûr le personnel enseignant, à célébrer, avait pour cause la volonté des puissances impérialistes, dont la France, de se repartager le monde, et donc les colonies, les marchés, les ressources et les populations.

C’est bien sûr une opération de propagande assez grossière, comme il y en eut tant avant 1914, dans tous les pays qui se préparaient à envoyer à la mort leur jeunesse. La « classe 14 », c’est-à-dire la génération qui avait 20 ans en 1914, abreuvée de discours sur la nécessité de défendre la patrie et la liberté, fut d’ailleurs celle qui paya le plus lourd tribut à la guerre : un jeune sur cinq, voire sur quatre, y laissa la vie. C’est à propos d’elle qu’Anatole France écrivit : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »

En choisissant la référence à la grande boucherie de 14-18, les dirigeants savent ce qu’ils font. Ils veulent accoutumer les esprits à l’idée d’une guerre et préparer la jeunesse à se sacrifier dans un prochain conflit impérialiste. Et, quoi qu’ils racontent aujourd’hui, les enjeux seront les mêmes : il ne s’agira nullement de défendre les populations, mais d’enrichir les capitalistes et de défendre leur droit de dominer des régions et des peuples.

Il y eut des opposants à la guerre de 14-18 et à cette saignée de toute une génération dans les tranchées. Des militants la combattirent et préparèrent la révolution, seul moyen d’en finir avec la guerre. La fin de cette première guerre impérialiste vit exploser la plus grande vague révolutionnaire du vingtième siècle.

C’est à ces combattants contre les guerres et leurs responsables qu’il faut rendre hommage… et il faut surtout s’inspirer de leurs idées.

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