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- Lutte ouvrière n°3012
- 1er Mai : une journée de lutte pour les travailleurs de tous les pays
Article du journal
1<sup>er</sup> Mai
une journée de lutte pour les travailleurs de tous les pays
Le 1er Mai n’est pas une journée de manifestation comme les autres. C’est un point de repère, une référence que le mouvement ouvrier révolutionnaire a transmise, comme le drapeau rouge.
Cette idée d’une mobilisation internationale du mouvement ouvrier a été lancée il y a presque 150 ans, en 1889, quand des représentants des partis socialistes naissants de toute l’Europe et au-delà se sont retrouvés à Paris, à l’occasion du centenaire de la Révolution française de 1789, pour fonder l’Internationale ouvrière.
Ils disaient que la révolution à venir, celle qui changerait la société, à l’image de la Révolution de 1789 qui l’avait fait en renversant la monarchie en France, serait une révolution des travailleurs de tous les pays contre leurs exploiteurs : les rois et les reines qui restaient encore en place à l’époque, et surtout la classe capitaliste, devenue la principale classe dominante. Et pour concrétiser cette idée, ils lancèrent un appel à tous les exploités du monde à une journée de grève et de manifestations le 1er mai 1890.
Aujourd’hui, alors que le monde s’enfonce dans la guerre, que dans tous les pays des dirigeants dressent leur peuple contre le peuple voisin et attisent la haine entre exploités, il y aura dans tous les pays des travailleurs, des militants pour manifester le 1er mai. Même si ce ne sera parfois qu’une poignée d’individus, tous feront partie d’un même mouvement général. Et bien entendu Lutte ouvrière appelle à participer aux cortèges qui seront organisés.
Depuis que le 1er Mai a été institué, il est resté un symbole de lutte pour les exploités, même dans les pires moments. Pendant la Première Guerre mondiale, le 1er mai 1915 à Paris et à Lyon, les opposants à l’union sacrée organisèrent des rassemblements. Le 1er mai 1916, à Berlin, le révolutionnaire Karl Liebknecht leva le drapeau rouge au milieu de milliers d’ouvriers qui l’entouraient et fut arrêté immédiatement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en pleine répression de l’insurrection du ghetto de Varsovie, le 1er mai 1943, les jeunes militants socialistes se rassemblèrent pour chanter L’Internationale.
L’internationalisme de la classe ouvrière n’est pas que l’expression d’une solidarité entre travailleurs de différents pays. C’est l’idée fondamentale qu’ils ne forment qu’un camp, une seule classe sociale par-delà les frontières, que leur sort est lié et que l’émancipation des uns ne peut se réaliser qu’au travers de l’émancipation des autres. Quelle autre idée peut mieux représenter une perspective d’avenir pour toute l’humanité ?
À Paris, la manifestation du 1er Mai partira de la place de la République à 14 heures