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Dans les entreprises
Arrêts maladie
les mauvais coups continuent
Jeudi 9 avril, le gouvernement a présenté un nouveau plan visant à diminuer le nombre d’arrêts maladie, en renforçant les contrôles et en facilitant les signalements à l’Assurance maladie des cas jugés suspects par les employeurs.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a dénoncé l’augmentation du nombre d’arrêts de travail, chiffrés à 9 millions par an. Ce n’est pas la mauvaise santé des travailleurs qui l’inquiète, mais son coût de 18 milliards d’euros. Et pour faire des économies, il compte s’en prendre une fois de plus aux travailleurs malades, désignés comme des fraudeurs potentiels.
Parmi les mesures envisagées, le ministère a prévu sur son site Internet un « bouton d’alerte » sur lequel, en un clic, les patrons peuvent demander à la Sécurité sociale un contrôle des arrêts maladie de leurs salariés. Ce signalement est déjà possible, mais demandait jusque-là de remplir un papier ou un formulaire en ligne, procédure que le gouvernement juge trop lourde. Le nombre de contrôles devrait ainsi augmenter de 6 % dès 2026.
Le ministre vise en particulier les arrêts maladie de plus de 18 mois, les accidents du travail ou les maladies professionnelles de plus de trois ans, qui concernent des salariés dont les patrons voudraient bien pouvoir se débarrasser en les licenciant. Les arrêts prescrits par téléconsultation, ou le « nomadisme médical », c’est-à- dire le fait d’avoir plusieurs arrêts de travail prescrits par des médecins différents, sont aussi dans le viseur. Un comble, alors que la téléconsultation a été encouragée par le gouvernement, incapable de résoudre le problème de la pénurie de médecins !
Cette nouvelle campagne anti-ouvrière vise encore une fois à désigner les malades comme des fraudeurs et des profiteurs. Pour le patronat, un travailleur même sur son lit de mort devrait pouvoir encore rapporter du profit. À quand un bouton pour que les travailleurs puissent signaler les infractions à la sécurité, les cadences qui cassent le dos ou les heures non payées ?