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- Lutte ouvrière n°3007
- Face à l’inflation : augmenter les salaires !
Leur société
Face à l’inflation
augmenter les salaires !
Vagues de froid, vagues de sécheresse, pire : Covid, guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient, marche à la guerre généralisée… tout sert de prétexte pour augmenter les prix et tout converge vers une nouvelle hausse brutale.
L’augmentation du coût de production des composants électroniques expliquerait bien des augmentations, dont les 30 % de hausse en cinq ans des réparations automobiles et des multiples appareils utilisant ces composants. La spéculation liée à la guerre a entraîné une hausse immédiate du carburant (pourtant stocké depuis des mois) et de l’énergie, comme de tout ce qui est produit en utilisant gaz, électricité ou fioul. Ainsi en va-t-il des emballages plastiques qui envahissent les rayons alimentaires, mais aussi des produits de base.
Les pâtes augmentent parce que le blé coûterait davantage aux céréaliers par suite de l’augmentation des prix du fioul des machines agricoles et des engrais azotés, dont la fabrication est très dépendante du pétrole. L’huile de tournesol augmente de près de 20 %, son cours étant lié à celui des biocarburants, lui-même indexé sur le prix du pétrole. La guerre au Moyen-Orient touchant notamment l’approvisionnement de l’Europe occidentale en pétrole, l’explication est toute trouvée à la hausse de bien des produits alimentaires de base.
Des Michel-Édouard Leclerc et autres Dominique Schelcher, figures capitalistes de la grande distribution, en profitent – publicité gratuite – pour se présenter comme les défenseurs des consommateurs, poussant ceux-ci à multiplier leurs recherches de promotions, avant de réduire leurs achats. Les ménages font des économies d’énergie (13 à 14 % de baisse de consommation sur un an), à commencer par le chauffage. Mais rien n’y fait vraiment. Dispersés, individualisés, otages en quelque sorte, les consommateurs que sont les familles populaires ne peuvent rien contre la hausse des prix.
En revanche, en tant que travailleurs, en tant que salariés, ils sont en position d’exiger du patronat, petit, moyen et surtout des groupes capitalistes qui dominent l’ensemble, que les salaires augmentent au moins autant que l’inflation, en suivant la hausse des prix.
Or c’est loin d’être le cas. Les salaires sont quasiment bloqués depuis des années et, l’inflation les grignotant impitoyablement, le pouvoir d’achat qu’ils permettent est en baisse. Une statistique sur des accords salariaux, publiée mi- février, évalue à 1,73 % la hausse moyenne des salaires programmée en 2026, calculée sur l’ensemble des salaires brut de l’entreprise. Les chiffres sont en diminution constante depuis quatre ans. Chez Renault, par exemple, alors que le groupe affiche des résultats plus que confortables et paye des dividendes à l’avenant, l’augmentation générale de l’année n’est que de 1 %, auquel peut s’ajouter, au bon vouloir de la hiérarchie, 0,9 % d’augmentation individuelle.
C’est bien là qu’est le principal moyen pour la classe ouvrière de lutter contre les conséquences des hausses des prix : imposer par la lutte l’augmentation des salaires et leur indexation sur les prix aux capitalistes richissimes.