La police dans son rôle 14/10/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/10/P7-1_A_Lyon_le_13_octobre_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C150%2C799%2C600_crop_detail.jpg 2026-10-14

Leur société

La police dans son rôle

Le 7 octobre, deux jours après qu’un lycéen a eu la main arrachée par une grenade assourdissante tirée par un policier, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension provisoire de l’usage de ce projectile face aux jeunes mobilisés.

Illustration - La police dans son rôle

Loin de constituer un engagement à juguler la brutalité policière, le retrait de ce modèle de grenade n’est qu’un écran de fumée. Ainsi, lors des manifestations parisiennes des 6 et 8 octobre, un autre modèle de grenade assourdissante a été utilisé et a blessé deux membres de l’Observatoire parisien des libertés publiques. Déployée depuis 2025, cette arme importée du Brésil se lance à la main ; sa fiche technique explique qu’elle doit exploser à une distance minimale de 10 mètres des manifestants et qu’à courte distance des lésions peuvent être causées.

De toute façon, les troupes déployées devant les lycées et lors des manifestations – souvent harnachées comme des robocops – peuvent faire usage de toute une gamme d’armes, LBD, lanceurs de grenade lacrymogène, et bien sûr de matraques, qui peuvent infliger des blessures très graves et des mutilations. En décembre 1986, lors d’un mouvement de la jeunesse contre un projet de loi gouvernemental, Malik Oussekine était mort sous les coups de policiers lâchés dans le Quartier latin, à Paris. Cette fois, et c’est peut-être inédit, des images ont aussi montré des véhicules de police utilisés comme des armes, fonçant sur des rassemblements de lycéens.

Face au mouvement dans les lycées, qui gagne peu à peu les universités, le gouvernement répond par la violence pour intimider et effrayer les jeunes et leurs parents. Le nombre de gardes à vue est ainsi bien significatif puisqu’en trois semaines, il s’est élevé à 6 877, pour la plupart des mineurs, davantage que durant tout le mouvement des gilets jaunes.

La répression est différenciée, elle est plus féroce contre les élèves de lycées populaires qui défient le gouvernement. Cela n’est pas surprenant, car la police républicaine est dressée pour maintenir un ordre qui réserve aux classes populaires le délabrement des services publics utiles, dont l’école.

Les « forces de l’ordre » social sont là pour défendre la république des riches et des puissants, et, forcément, quand on a un sale boulot, on le fait salement.

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