Prix des carburants : rencontre au sommet pour rien08/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P3-1_Patron_contre_augmentation_de_salaires_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C915%2C514_crop_detail.jpg

Leur société

Prix des carburants

rencontre au sommet pour rien

Mardi 7 avril, le gouvernement a réuni les syndicats pour discuter des mesures qu’il faudrait prendre face à la hausse des carburants.

Illustration - rencontre au sommet pour rien

Le fait que, face à ces hausses et à celles qu’elles entraînent, les travailleurs, les chômeurs, les retraités ont un besoin urgent d’une hausse des salaires, des allocations et des pensions n’était pas à l’ordre du jour.

Le gouvernement prévoit des aides aux entreprises. Rien d’étonnant car il réfléchit d’abord « par en haut ». Face à la crise économique due à la flambée du prix du pétrole et des carburants, son premier geste est de couvrir ceux qui s’enrichissent : les groupes pétroliers et autres capitalistes de ce secteur ainsi que tous les spéculateurs, et ce sont souvent les mêmes. Ensuite, il daigne s’occuper du reste de la société. Il commence par les moyennes entreprises, à qui il promet des aides, mais faibles car, déjà, en dehors de toute crise pétrolière, l’argent de l’État est largement acquis aux grands groupes. Et il reste surtout des miettes pour les petits patrons, ce qui ne calme pas leur colère. Quant aux travailleurs et aux classes populaires en général, eux, tant qu’ils ne se révoltent pas, l’État les ignore.

Face à cette nouvelle poussée d’inflation brutale, les dirigeants des grandes centrales syndicales ne sont pas du tout à la hauteur. Le dirigeant de la CFE- CGC a même osé déclarer que « les mesures qui sappliquent à tout le monde » ne sont pas efficaces. Comme si justement l’inflation ne touchait pas tout le monde…

La CGT, en revanche, parle à juste raison d’une mesure qui protégerait un peu le porte-monnaie des classes populaires, qui serait le plafonnement du prix du litre d’essence à 1,70 euro. Mais, même si elle était adoptée, elle serait insuffisante. D’abord, il est évident que tous les prix pourraient augmenter, et très vite. Il suffit de voir à quelle vitesse le prix des carburants dans les stations-service a augmenté alors même que l’essence dans les cuves avait été achetée avant la hausse du prix du pétrole. Dans l’économie capitaliste, l’inflation peut se propager plus vite que les marchandises ne circulent. Alors se borner à une mesure concernant le prix des carburants, c’est déjà assurer aux couches populaires qu’elles auront un train de retard sur les hausses à venir. Et puis il y a tous ceux qui n’ont pas de véhicule mais qui subiront tout de même la hausse de tous les autres prix.

Il faut des mesures qui concernent tout le monde ouvrier et, au-delà, toutes les classes populaires, contrairement à ce que pense le dirigeant de la CFE-CGC. Et ne pas vouloir s’en prendre aux profits des grands groupes, ne pas dire qui doit payer pour l’inflation, revient, d’une manière ou d’une autre, à laisser l’État prendre dans une poche ce qu’il n’aura pas pris dans une autre. Comment l’État financera-t-il un blocage des prix des carburants s’il n’est pas contraint, pour cela, de faire payer les pétroliers et autres capitalistes ? Il prendra sur les budgets des services publics ou il augmentera ou créera d’autres impôts.

La seule façon de garantir les intérêts des couches populaires est d’imposer l’augmentation massive des salaires, des allocations et des pensions et leur indexation sur les prix en prenant sur les profits.

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