manifestations : Une campagne de diversion 23/10/2026 2026 Brèves /static/common/img/contenu-min.jpg 2026-10-23

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Une campagne de diversion

Après les destructions et les pillages qui ont frappé des commerces ou des mairies, une campagne a relayé la détresse des petits commerçants qui ont tout perdu et l’émotion devant les bâtiments publics détruits. Les commerçants, dont le désarroi et la colère sont bien compréhensibles, sont des victimes collatérales de la rage sociale qui s’est exprimée le 17 octobre. Mais les responsables politiques de droite et d’extrême droite qui entretiennent cette campagne, et les médias qui les relaient, n’ont pas la même indignation quand des actionnaires décident de fermer des usines, plongeant ainsi des familles entières dans la gêne et ruinant parfois toute une région, y compris les commerces. En insistant sur les casseurs et les voleurs, ils cherchent à minimiser l’ampleur de la colère sociale, à faire peur aux millions de femmes et d’hommes qui restent encore observateurs de la mobilisation et même à les dresser contre celle-ci.

L’immense majorité des manifestants du 17 octobre a défilé sans casser. Ils ont été heurtés par la violence policière qui a usé et abusé des grenades et des gaz, réponse aux revendications des lycéens mobilisés, par le lacement de près de 10 000 jeunes en garde à vue et les blessés et mutilés. Cette violence d’État pousse une partie des manifestants à répondre sur le même terrain, même s’il est évident que détruire des bâtiments publics et piller des magasins n’est pas le meilleur moyen d’entraîner les hésitants et d’approfondir la contestation. 

Mais des millions de personnes n’ont que le droit de regarder des vitrines inaccessibles, et pas seulement celles de produits de luxe. Comment s’étonner si, quand l’occasion se présente, certains jeunes et moins jeunes se sentent vengés en se servant ou en détruisant des magasins ?

Les destructions d’agences bancaires, de magasins ou de mobilier urbain n’affaiblissent en rien la grande bourgeoisie et n’ébranlent pas l’État. Pour abattre la dictature du capital, il faut exproprier les actionnaires, prendre le contrôle des entreprises et les mettre au service de la collectivité. Ceux qui en ont la force, ce sont les travailleurs qui les font fonctionner, pas des petits groupes de manifestants dans la rue.

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