Allocation d’autonomie : coupes budgétaires22/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3012-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-22

Leur société

Allocation d’autonomie : coupes budgétaires

793 000 personnes de 60 ans et plus bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) sous forme d’heures d’intervention d’une auxiliaire de vie ou d’une aide ménagère. Elle est versée par les départements qui, pour des raisons budgétaires, cherchent à la réduire.

Selon un rapport de la chambre régionale des comptes des Hauts-de- France, le département du Pas-de-Calais a carrément supprimé l’APA à 526 bénéficiaires en 2025 et l’a réduite pour 11 109 autres, soit près de la moitié des allocataires.

Ainsi, une femme de 96 ans, qui bénéficiait depuis dix ans du soutien d’une aide ménagère douze heures par mois pour un coût total de 32,50 euros, n’a plus d’APA depuis le début de l’année. Elle doit donc maintenant payer 129,20 euros pour seulement huit heures mensuelles. Une autre allocataire, qui témoigne dans le journal Le Monde, a appris qu’elle ne bénéficierait plus de l’APA : « J’ai pourtant deux prothèses de hanche. Aujourd’hui je n’ai plus d’aide. À 92 ans, je ne pensais pas vivre ça ». La chambre des comptes reproche au département de n’avoir même pas effectué de visites à domicile avant d’exclure des allocataires du dispositif.

Le Pas-de-Calais est loin d’être une exception. Si les moyens varient, le but est le même dans la plupart des départements : diminuer les dépenses d’APA. Dans l’Hérault, depuis l’utilisation d’un nouveau formulaire envoyé aux usagers pour mesurer leur autonomie, selon la responsable de l’aide à domicile en milieu rural (ADMR), « nous constatons une chute brutale du nombre de demandes de prise en charge ». De nombreux départements ont bloqué ou baissé la dotation horaire versée aux associations ou aux services d’aide à domicile, qui donc augmentent leurs tarifs horaires et présentent l’addition aux usagers. Selon une étude de l’ADMR, dans une soixantaine de départements, le coût net d’une heure est passé pour l’usager de 4 à 8 euros (avant crédit d’impôt) entre 2022 et 2025. En conséquence, nombre de personnes âgées diminuent ou renoncent à ces heures, ne pouvant plus les payer.

Alors que la population vieillit et que les besoins d’accompagnement augmentent, l’État s’est depuis longtemps désengagé. Ainsi, dans le Pas-de-Calais, il ne participe qu’à 5 % du coût des prestations par le crédit d’impôt, le département en assurant la moitié et la Sécurité sociale 40 %. L’État ne garantit l’assistance, le financement et l’accompagnement qu’aux marchands de canons et aux patrons. Il laisse aux départements le sale boulot d’abandonner les personnes âgées à leur sort.

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