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ArcelorMittal Dunkerque : Macron a fait comme patron voulait
Macron s’est rendu le 10 février à Dunkerque, sur le site où ArcelorMittal a claironné la construction d’un four électrique. L’investissement peut sembler important, 1,3 milliard d’euros. En réalité, il est loin de ce qui était annoncé au départ, lorsqu’il était question de produire ce que la direction appelait de l’acier « vert ».

Dans le projet actuel, le principal haut-fourneau continuera de fonctionner au charbon, alors qu’il était censé être remplacé par une installation au gaz et à l’hydrogène. Le nouveau four électrique permettra seulement de recycler davantage de ferraille. Au départ, le but était de supprimer les rejets carbone très importants de l’usine, environ 15 % des rejets carbone de l’industrie en France. Finalement, il ne s’agit plus que de les réduire d’un tiers. D’ailleurs, ces derniers mois, de nombreux ingénieurs venus spécifiquement pour ce projet sont repartis du site.
Macron est donc venu fanfaronner à Dunkerque pour dire qu’il avait répondu à toutes les attentes d’ArcelorMittal. Il a notamment repris à son compte une expression très utilisée par la direction du groupe, selon laquelle il faut « dérisquer » l’investissement. Cela signifie que l’État se porte garant des profits du grand patronat, notamment par le fait que la moitié de l’investissement sera financée par l’argent public. Macron a également déclaré que la renationalisation d’EDF en 2022 avait été réalisée pour aider les industriels en leur fournissant une énergie abondante à des tarifs très bas. Et en effet, fin janvier, ArcelorMittal a signé avec EDF un contrat d’approvisionnement, pour une durée de 18 ans, à un tarif inconnu… pour cause de secret commercial.
Les patrons de la sidérurgie ont également obtenu que des taxes soient imposées aux frontières de l’Europe, essentiellement pour se protéger de l’acier fabriqué en Chine. ArcelorMittal communique continuellement sur la nécessité d’être abrité de la concurrence mondiale, ce qui ne manque pas de piquant pour un groupe qui possède des usines et des mines sur tous les continents.
Avec sa modestie habituelle, Macron est donc venu annoncer qu’il avait sauvé la sidérurgie française. Mais, comme on pouvait s’y attendre, il n’a pas dit un mot sur les centaines d’emplois que le groupe supprime en ce moment, ni sur les 5 600 emplois qu’il envisage de supprimer en Europe dans les mois à venir ; rien non plus sur les bénéfices qui ont été multipliés par 2,5 en 2025 par rapport à l’année précédente. Macron a bien travaillé pour les actionnaires d’ArcelorMittal et il tenait visiblement à ce que cela se sache.