Cédric Chouviat : l’impunité de la police08/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3010-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Cédric Chouviat : l’impunité de la police

Six ans après la mort de Cédric Chouviat, décédé lors de son interpellation par quatre policiers, aucun procès n’a encore eu lieu. Le dossier est bloqué, à tel point que la Défenseure des droits s’en est émue et l’a fait savoir.

Cédric Chouviat travaillait comme coursier dans l’entreprise de son père. Il avait cinq enfants. Le 5 janvier 2020, il était interpellé sur le quai Branly dans le 7e arrondissement parisien alors qu’il effectuait une livraison à scooter. Les policiers le plaquèrent au sol et l’immobilisèrent par une clé d’étranglement. Il eut beau crier à sept reprises « J’étouffe », rien n’y fit et ce furent ses derniers mots. Le rapport d’autopsie établit qu’il était décédé d’une « asphyxie avec fracture du larynx ».

La culpabilité des policiers ne pourrait être plus claire. Ils ont pourtant continué à exercer leurs fonctions et les procédures judiciaires engagées par la famille traînent interminablement. Un juge d’instruction a mis trois ans à renvoyer trois des quatre policiers devant le tribunal correctionnel pour « homicide involontaire », ce qui revient déjà à minimiser à l’extrême leur responsabilité. Le dernier, resté « en retrait », bénéficie d’un non-lieu bien que n’étant pas intervenu pour empêcher ce meurtre. Depuis, les contestations des policiers et la lenteur des procédures n’ont cessé de retarder le procès, dont la date n’a toujours pas été fixée.

Comme le font remarquer les avocats de la famille, lorsque des policiers sont les accusateurs, les choses vont beaucoup plus vite.

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