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Leur société
Chômage partiel : le patronat exige, Farandou exécute
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé le retour du dispositif de chômage partiel pris en charge par l’État pour « soutenir les entreprises » touchées par la guerre au Moyen-Orient.
À bon entendeur, salut. La vice-présidente du Medef, Paola Fabiani, a immédiatement déclaré : « Le Medef a demandé qu’on mette en place rapidement les mesures annoncées, notamment le chômage partiel, donc ça va dans le bon sens. » Sans oublier d’en réclamer d’autres dans la foulée : comme, par exemple, le report des impôts et des cotisations dus par les entreprises. Les travailleurs qui luttent pour faire leur plein ou payer leur loyer chaque mois apprécieront.
Le 7 avril, seules une trentaine d’entreprises avaient fait la demande d’une prise en charge de chômage partiel. Mais le ministre tenait à rappeler que « toutes les entreprises sont éligibles », évoquant ainsi les compagnies de fret ou de logistique, les entreprises affectées par la fermeture du détroit d’Ormuz ou encore celles qui subiraient des ruptures d’approvisionnement en matières premières. Autant dire que l’État s’apprête à mettre largement la main au portefeuille.
La crise du Covid en 2020, puis la guerre en Ukraine à partir de 2022 avaient déjà été le prétexte d’un recours massif au chômage partiel par les grandes entreprises. Aujourd’hui comme alors, il est présenté comme un moyen d’éviter les licenciements. En réalité, c’est une manne pour les capitalistes : ce dispositif leur permet de ne payer que 40 % du salaire brut des travailleurs placés en chômage partiel, tandis que l’État et l’Unedic prennent en charge presque tout le reste. Les seuls à payer, par une perte de salaire ou au travers de l’argent public dépensé, sont donc bien les travailleurs.