- Accueil
- Lutte ouvrière n°2997
- Congé de naissance : bébés et parents priés d’attendre
Leur société
Congé de naissance : bébés et parents priés d’attendre
Alors que, mi-décembre, le ministère de la Santé assurait encore que le nouveau congé de naissance entrerait en vigueur à partir du 1er janvier, sa mise en place effective a été reportée de six mois par le gouvernement.
Ce congé de naissance ouvrira la possibilité de prolonger les congés maternité et paternité de deux mois supplémentaires pour chaque parent, le premier mois étant indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net et le second à 60 %.
Pouvoir passer davantage de temps avec son enfant, notamment durant ses premiers mois de vie, et que le père et la mère puissent chacun s’investir pleinement dans tout ce que cela implique, ne peut qu’être une bonne chose. Mais ce droit restera théorique pour bien des parents, qui ne peuvent faire une croix sur 30 à 40 % de leur salaire. Par ailleurs, le gouvernement s’est refusé à accorder la possibilité, dans le cadre des familles monoparentales, de prendre un congé de naissance doublé, alors que ce sont justement celles pour lesquelles cette période est la plus compliquée.
En invoquant des motifs techniques pour repousser au dernier moment l’entrée en vigueur du congé de naissance, le gouvernement montre surtout que ce projet est loin de ses priorités.
Au-delà de cette mise en place qui s’annonce chaotique et problématique, cette mesure du projet de loi de finances de la Sécurité sociale est présentée comme un geste en faveur des familles. Il a en réalité tout d’un cadeau empoisonné : prévu pour coûter 600 millions d’euros en année pleine, il est accompagné de la fin de la majoration des allocations familiales pour les adolescents de 14 à 17 ans qui, elle, privera les familles d’environ 1,3 milliard d’euros chaque année. Cette économie ne peut même pas être justifiée par un déficit de la Sécurité sociale, puisque la commission des comptes de celle-ci s’attend à un excédent de 600 millions d’euros en 2025 pour la branche famille.
Comme souvent, le gouvernement reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre !