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- Lutte ouvrière n°2997
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Leur société
Crans-Montana : 40 morts pour que le bar rapporte
Les 40 morts et 116 grands brûlés victimes de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana le 1er janvier ne sont pas victimes de la fatalité.
Ces victimes sont celles de deux patrons français, qui possèdent deux autres établissements dans le canton du Valais, avides de faire de l’argent à tout prix, quitte à mettre en jeu la vie de leurs clients ; mais le drame est aussi le résultat de la complaisance des autorités locales chargées de veiller aux règles de sécurité.
Les faits sont accablants. Espace accueillant plus de 400 personnes sans respecter les règles de sécurité établies en Suisse, plafond tapissé d’un produit connu pour être aussi inflammable que l’essence et produisant des gaz hautement toxiques, absence d’issues de secours répondant aux normes imposées, absence d’alarme incendie et d’extracteurs de fumées, d’extincteurs, etc. Et que dire des autorités de Crans-Montana, une des stations les plus luxueuses de Suisse, qui depuis des années, alors qu’elles ont la responsabilité de veiller aux normes de sécurité, ont laissé faire ? Le président du conseil communal de Crans-Montana a dû reconnaître au moins « des manquements » lors d’une conférence de presse.
Tout était ainsi réuni pour la survenue d’une catastrophe, comme d’anciens employés de ce bar-dancing en ont témoigné. Mais il aura fallu que tout soit dénoncé et redénoncé, au fil des jours suivant l’incendie meurtrier, dans des médias internationaux produisant de multiples témoignages de spécialistes de la sécurité, voire de responsables d’autres établissements, pour que la procureure chargée de l’enquête décide d’inculper les deux propriétaires. L’homme avait déjà été condamné il y a vingt ans par un tribunal francais, et sa peine avait été assortie d’un interdiction de gérer une société en France.
Dans ce monde où l’argent est roi, en Suisse comme partout ailleurs, le fait de posséder quelques millions de francs suisses, d’euros ou de dollars, donne droit aux honneurs et à la respectabilité, et au droit d’ouvrir un tel établissement au mépris de la vie des clients. Une bonne partie des victimes sont des enfants de familles fortunées, mais cela n’a rien changé. Il fallait avant tout que Le Constellation rapporte à ses propriétaires !
Correspondance inquiétante, le drame survient au moment même où, en France, est publié un décret qui annule une partie des obligations de sécurité concernant les établissements accueillant du public !