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Dans les entreprises
Dassault – Cergy : une CGT qui soutient le patron
La CGT de l’usine Dassault de Cergy, dans le Val-d’Oise, vient de réaffirmer son traditionnel soutien aux intérêts de la famille Dassault, illustrés notamment par la production du Rafale.
La CGT réalise ce tour de force en reprenant une revendication du syndicat allemand IG Metal. Celui-ci, tout en déclarant vouloir travailler avec des entreprises françaises sur le futur avion de combat, se dit opposé à le faire avec Dassault-Aviation, dont le PDG, Éric Trappier, déclare en toute modestie que seul son groupe a les compétences nécessaires pour mener à bien ce projet. En fait, le projet SCAF, mené en commun avec l’Allemagne et l’Espagne, est un fromage de quelque 100 milliards d’euros financé conjointement par les trois États, à partager d’ici à 2040. Alors, les actionnaires des différentes entreprises sont en ordre de combat les uns contre les autres pour en tirer le maximum de profit.
Voici donc que, tout comme le PDG, la CGT Dassault Cergy s’oppose aussi fort opportunément à ce SCAF. Elle prend soin de le faire en termes ronflants, et puisque la revendication du syndicat allemand est de faire cet avion sans Dassault-Aviation, elle n’est pas gênée de dire qu’elle, au contraire, parle au nom de « l’internationalisme ouvrier ».
La famille Dassault entend bien hériter seule du futur avion de combat bien français et des milliards d’euros d’argent public qui en résulteront pour elle. La CGT lui sert là de cinquième roue du carrosse. Le rôle des militants ouvriers n’est-il pas plutôt d’inciter les travailleurs, quelle que soit leur nationalité et leur entreprise, à lutter en commun contre tous les capitalistes, à commencer par ceux de leur pays ?