- Accueil
- Lutte ouvrière n°3024
- Dassault – Cergy : la CGT vole au secours du patron
Dans les entreprises
Dassault – Cergy : la CGT vole au secours du patron
Le 6 juillet, la CGT, dans un tract distribué à l’usine Dassault de Cergy, se félicitait de l’échec du projet commun européen SCAF. Elle commençait une campagne en faveur du SCANF (Système de combat aérien de la Nouvelle France).
La référence est explicite au slogan de Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI, grand ami de la famille Dassault, qui lui avait fait d’ailleurs il y a peu l’honneur d’une visite privée du nouveau site de Cergy.
Alors que Sophie Binet déclarait l’été dernier que : « Les milliards pour la Défense seraient au détriment des services publics et des Français », ou encore : « Les français n’ont pas besoin de Rafale supplémentaires, ils ont besoin de Canadair », la CGT Dassault continue une campagne syndicale maison qui lui est habituelle. Dès la fin des années 90, elle s’est en effet employée à mettre les travailleurs de l’entreprise à la remorque des intérêts de la famille Dassault, en défendant un Rafale « made in France », à l’époque contre un projet franco-britannique.
Si le Rafale est une bonne affaire, il l’est avant tout pour les actionnaires, donc essentiellement la famille Dassault qui vit grassement des multiples financements publics qui l’alimentent, tous programmes confondus, depuis plus d’un siècle maintenant.
Mais plutôt que dénoncer cette situation, la CGT Dassault fait campagne en faveur d’un engin de mort, quitte à y mettre des accents nationalistes inspirés par Mélenchon. Elle écrit ainsi : « Le SCANF, tel que nous le portons, c’est le système de combat aérien de la nouvelle France, (…) Dans un environnement instable, où les alliances évoluent et où les intérêts nationaux reprennent toute leur place, la question de la souveraineté redevient centrale ». La voilà promue grand stratège géopolitique, oubliant le rôle réel des Rafale lorsqu’ils interviennent en Afrique et dans les pays du Golfe.
Dassault n’a évidemment que faire de ce genre de conseiller économique, en ayant de bien plus efficaces et hauts placés dans l’appareil d’État. Mais si la CGT distille dans la tête des travailleurs que leur avenir dépend de la réussite économique de leur patron, celui-ci ne peut que s’en réjouir. La CGT désarme ainsi les travailleurs qui voudraient se battre pour leurs propres intérêts, ceux de la classe ouvrière contre le patron.
De l’autre côté du Rhin, les syndicats d’Airbus ont d’ailleurs mené de la même façon les travailleurs allemands dans une impasse, en jouant la carte de leurs propres capitalistes contre le concurrent Dassault.
Des deux côtés du Rhin, ces organisations dites ouvrières arrêtent de défendre les intérêts de la classe ouvrière, au profit de ceux de leur patrons.