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Leur société
Déchets radioactifs : une larme dans l’océan
Le 2 juillet, le CNRS et l’Ifremer, deux institutions scientifiques publiques, ont rendu compte de leur mission de contrôle des déchets radioactifs immergés.
Il y a donc, par 5 000 mètres de fond au nord-est de l’Atlantique, 200 000 futs, d’acier, de béton ou de résine, contenant des déchets radioactifs. C’est ainsi que, de 1946 à 1990, les pays possédant une industrie nucléaire, la France au premier chef, se débarrassaient des résidus de cette activité. Ce n’était pas très original car les mêmes se sont délestés de leurs navires obsolètes, de leurs stocks de munitions inutilisées etc. de la même façon. La marine de guerre française a ainsi utilisé l’océan comme une poubelle jusqu’en 2002 et les cartes marines signalent, très près des côtes, des zones entières recelant des « explosifs immergés » où il est imprudent de faire traîner son chalut, voire de se baigner.
Sous la pression des opinions publiques et devant l’évidence que les déchets n’allaient pas se dissoudre par miracle au fond de l’eau, industriels et militaires ont renoncé à les jeter à la mer. De plus, aujourd’hui, le piètre argument utilisé à l’époque sur l’absence de vie dans les grandes profondeurs marines tombe à l’eau. Les missions d’exploration ont en effet confirmé que, au contraire, les grandes profondeurs recèlent une vie profuse, multiple et complexe.
Mais, au lieu de se donner les moyens de la comprendre et sans même savoir ce que cette biodiversité apporte à l’équilibre même de la planète, les grandes puissances ont commencé à la détruire, en autorisant la recherche et l’exploitation minières dans les grandes profondeurs. Le président des États-Unis s’est même payé le luxe de la rendre légale… y compris dans les régions océaniques où il n’a aucune autorité.
Ainsi, le jour même où le CNRS et l’Ifremer rendaient leur rapport, on apprenait que la société Critical Metal corp, cotée à New York, avait racheté un paquebot de croisière polaire en vue de loger son équipe de recherches minières en mer, au sud du Groenland. La pollution des grands fonds marins n’est donc pas une histoire révolue, pas plus que l’irresponsabilité abyssale de la classe dirigeante.