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Dans le monde
Détroit d’Ormuz : les conséquences du blocus
Depuis le blocage du détroit d’Ormuz, conséquence de la guerre déclenchée le 28 février par les dirigeants américains et israéliens contre l’Iran, la plus grande partie du trafic maritime qui empruntait cette voie est interrompue.

Une première victime annoncée du blocage est la population pauvre des pays d’Afrique ou d’Asie du sud, déjà affamée. Dans un premier temps, la rupture de l’approvisionnement en carburants et en gaz en provenance du Moyen-Orient a eu des conséquences immédiates sur les prix et la vie quotidienne, notamment celle de la population d’Inde et d’Asie du Sud-Est. De plus, par la mise en arrêt du commerce d’engrais et de matières premières nécessaires à leur fabrication (soufre, ammoniac), ainsi que du gaz naturel liquéfié qui y contribue, l’agriculture est menacée dans des régions où la saison des mises en cultures débute.
Non seulement les navires sont bloqués, mais les sites de production des composants des engrais azotés ont été endommagés au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Iran et en Jordanie. Comme il n’existe pas, contrairement au pétrole, de réserves stratégiques coordonnées au niveau international pour les engrais, les pays dont les agriculteurs utilisent le plus de fertilisants sont les plus vulnérables. Ainsi le Bangladesh, le Sri Lanka, le Pakistan, et dans une moindre mesure l’Inde et la Chine sont touchés. Et c’est le cas, pour l’Afrique, en particulier au Soudan, en Tanzanie, en Somalie, au Kenya et au Mozambique. Selon un économiste de la FAO, les petits agriculteurs de ces régions peineront à « absorber le coût des intrants ou des perturbations de l’approvisionnement ».
Au Kenya, par exemple, la pénurie d’engrais affecte la culture du maïs, du blé, du thé, du café, de la canne à sucre et des fleurs. Les rendements sont forcément en baisse, ce qui met en danger les petits producteurs, mais aussi la population, dont l’alimentation dépend en grande partie des cultures de base, riz et blé, et plus tard en saison, maïs. Ainsi, selon le programme d’aide alimentaire de l’ONU, aux 320 millions de personnes déjà frappées par le manque de nourriture, viendront s’ajouter 45 millions d’autres. Elles deviendront elles aussi dépendantes d’une aide alimentaire que les ONG ont de plus en plus de mal à leur procurer.
Dans ces régions, au coût du transport, à la baisse de la productivité, s’ajoute déjà une flambée de tous les autres prix de base qui aggrave et aggravera encore les conditions de vie des populations rurales comme urbaines.
Ainsi des centaines de millions de paysans et d’habitants des régions pauvres, dans ce monde dominé par le capitalisme, ont à subir la guerre et ses conséquences.