Détroit d’Ormuz : le diktat américain22/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3012-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-22

Dans le monde

Détroit d’Ormuz : le diktat américain

Le 21 avril, Trump a prolongé le cessez-le-feu avec l’Iran pour une durée indéterminée. Mais les négociations n’avaient pas repris. Le détroit d’Ormuz, artère vitale de l’économie mondiale, demeurait bloqué.

Les dirigeants iraniens refusent de reprendre les discussions, accusant les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu en arraisonnant l’un de leurs navires. La responsabilité de ce blocus, avec ses conséquences économiques dramatiques pour des centaines de millions de femmes et d’hommes dans le monde, est entièrement imputable à Trump et aux dirigeants américains.

Jusqu’au 28 février, la circulation dans le détroit d’Ormuz était totalement libre. Les pasdarans l’ont bloqué en représailles aux bombardements qui, en Iran, ont détruit des dizaines de milliers de sites, non seulement des zones militaires mais aussi des usines vitales pour l’économie, des installations pétrolières parfois récentes, des ponts, des voies ferrées, des centrales électriques. Des immeubles d’habitation, des écoles, des prisons ont aussi été touchés, au moins 2 000 civils ont été tués.

Pourtant, « l’Iran ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis. Cette appréciation d’un chef des services secrets américains a été confirmée le 7 avril par les révélations du New York Times : pour lui Trump a commencé cette guerre « sous la pression de Netanyahou ». Celui-ci l’a convaincu que le régime iranien allait s’effondrer rapidement car il y aurait un soulèvement populaire. Il a aussi rejeté les objections de généraux américains, inquiets des conséquences sur la circulation dans le détroit d’Ormuz. Malgré l’élimination de dizaines de dirigeants iraniens haïs par les manifestants de janvier, les bombardements israélo-américains ont provoqué un sursaut national et renforcé la base du régime. Parce qu’il n’est pas tombé, parce qu’il conserve un moyen de pression sur l’économie mondiale, le régime iranien, aussi affaibli soit-il, a infligé un revers à la première puissance mondiale.

Trump est maintenant confronté aux conséquences désastreuses de sa décision, la flambée des prix du pétrole, le choc économique mondial et le coût astronomique de la guerre même si, évidemment, les conséquences pour les peuples n’entrent pas dans ses calculs. Aux États-Unis mêmes, la guerre est impopulaire, et Trump voudrait donc, au moins pour un temps, arrêter les frais. Mais même quand il propose des négociations au régime iranien, il le fait en chef suprême de l’impérialisme : avec arrogance et mépris. La seule porte ouverte que la délégation américaine a laissée à celle de l’Iran était une capitulation sans conditions : livraison de son stock d’uranium enrichi et renoncement à un programme balistique, les sanctions, l’embargo et le blocage des avoirs bancaires étant maintenus. Les dirigeants iraniens ne pouvaient que refuser et poursuivre le blocus du détroit d’Ormuz, l’une des seules armes efficaces dont ils disposent dans le combat inégal que leur imposent les États-Unis.

Que Trump choisisse de faire quelques concessions aux dirigeants iraniens pour obtenir une paix temporaire ou qu’il décide de reprendre la guerre, navale ou aérienne, son opération Furie épique a ajouté des souffrances à celles que ses prédécesseurs ont provoquées depuis un siècle dans la région. Et elle a plongé un peu plus le monde dans la crise et la guerre.

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