Eau : la population paye, Veolia jubile07/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2997-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Eau : la population paye, Veolia jubile

Selon l’UFC–Que choisir, les tarifs de l’eau du robinet vont connaître une hausse importante dès cette année et pourraient augmenter de 20 % à 75 % d’ici 2031 dans certains territoires.

En janvier 2024, Veolia a obtenu le renouvellement pour 17 ans de son contrat avec un regroupement de communes d’Île-de-France comptant au total 4 millions d’usagers. Il est prévu qu’un milliard d’euros sera consacré à moderniser les installations, notamment par l’extension d’un procédé de filtration soi-disant plus performant. Ce qui est certain est que la dépense sera répercutée sur les factures d’eau.

Il est vrai que depuis quelque temps, des communes ont quitté ce regroupement pour tenter de se soustraire ensemble à Veolia, mais même une gestion de l’eau en régie, autrement dit directement par les communes, permet de moins en moins d’échapper à cette mainmise. En effet, Veolia se targue d’être parmi les premières sociétés mondiales pour la propriété des brevets de traitement de l’eau, qu’elle teste en Île-de-France avant de vendre son procédé un peu partout. Elle détient aussi un quasi-monopole pour la fabrication de membranes de filtration, avec une usine en Hongrie qui tourne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, où 1 200 ouvriers en produisent 8 millions de mètres carrés par an.

Veolia se félicite d’un marché de la dépollution de l’eau en pleine expansion, misant sur une croissance annuelle de 6 à 10 % par an, avec une forte rentabilité. C’est ce qui explique peut-être que le coût moyen du mètre cube d’eau payé par les habitants sur l’ensemble du territoire français a augmenté en moyenne de 16 % en trois ans, comme le relève l’association « Que choisir ». En tout cas, nombre de regroupements de communes, y compris ceux qui gèrent encore l’eau en régie, s’inquiètent d’avoir à augmenter leur tarif dans les années à venir, sans garantie de pouvoir contrer l’aggravation de la pollution, voire en courant le risque que les habitants soient privés d’eau potable comme c’est déjà le cas pour des communes de la Meuse et des Ardennes.

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