Erreurs médicales : le coût des économies05/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3014-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-05

Leur société

Erreurs médicales : le coût des économies

4 000 décès par an seraient dus à des infections contractées en milieu hospitalier, plus que le nombre de tués sur la route. Voilà ce que dit un rapport de la Cour des comptes, qui esquive la responsabilité des gouvernements et leurs politiques de rigueur envers les hôpitaux.

Officiellement, on compterait 7 200 erreurs médicales par an. Mais ce chiffre ne prend en compte que celles qui ont été déclarées. D’après plusieurs enquêtes, ces « événements indésirables graves associés aux soins » seraient beaucoup plus fréquents, entre 160 000 et 375 000 par an.

Ces chiffres ont de quoi révolter. Quand des malades ou leurs proches se trouvent face à des aggravations parfois dramatiques de leur santé, suite à une erreur, voire une maltraitance médicale, on peut imaginer la colère et le désespoir qui les touchent et la volonté d’obtenir réparation.

Mais ces accidents ne tombent pas du ciel. Il y a deux ans, une tribune des associations de malades et de professionnels de santé avait souligné que « la prise en charge à l’hôpital s’était considérablement dégradée » et que les patients subissaient d’importantes « pertes de chances » d’être soignés au mieux. Cette tribune expliquait que les soignants étaient « amenés à en faire toujours plus, avec moins de moyens et de temps ». Et elle réclamait qu’un quota minimum de soignants par patient hospitalisé soit instauré. Une loi a été votée en ce sens mais rien n’a changé, la situation a continué de se dégrader.

En réalité, la santé publique n’est pas dirigée de façon à soigner au mieux. Elle subit la pression permanente des intérêts privés (laboratoires pharmaceutiques, groupes de santé privés…). L’État lui-même cherche à réduire les budgets des services publics pour trouver de quoi rembourser sa dette aux financiers.

La conclusion du rapport de la Cour des comptes parle d’elle-même. En effet, quelle solution envisage cet organisme pour répondre au problème des erreurs médicales ? Il suggère un dispositif de sanction financière pour les établissements qui ne déclareraient pas ces événements ! Avec un tel point de vue, tous les prétendus remèdes aggraveront le mal.

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