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- Lutte ouvrière n°3024
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Espagne : la grève chez Airbus ne va pas s’arrêter !
Depuis le 1er juillet, les salariés d’Airbus en Espagne sont en grève. Elle a débuté à Getafe, près de Madrid, dans la plus grande usine du groupe, où travaillent 9 000 personnes.
Depuis des années, la direction s’attaque aux conditions de travail : les arrêts maladie ne sont plus intégralement payés, les congés sont imposés en août, l’accès à la cantine a été interdit aux ouvriers. L’entreprise a proposé une hausse de 3 % des salaires, ce qui a été vu comme ridicule compte tenu de l’inflation et des bénéfices historiques de l’entreprise : 5,2 milliards d’euros en 2025. Enfin, en avril dernier, Guillaume Faury, le PDG, a annoncé que les jours de télétravail seraient réduits à un par semaine. Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien trop plein.
Commencée le 1er juillet, la grève a rapidement été un succès, bien que des syndicats majoritaires s’y soient opposés. Le syndicat Commissions Ouvrières, majoritaire chez les ouvriers, a déclaré que « la grève ne devait pas être une fin en soi », et qu’elle pourrait avoir lieu, mais seulement à partir du 7 septembre. Cela n’a pas découragé les grévistes. Face au succès du mouvement, certains syndicats comme la CGT et l’UGT ont apporté leur soutien sous la pression des syndiqués.
Beaucoup de salariés font grève pour la première fois et ont dû s’organiser eux-mêmes. C’est surtout lors des assemblées quotidiennes que les décisions sont prises et que les revendications sont votées. Dès le 3 juillet, les travailleurs des bureaux en grève ont tenté de convaincre les ouvriers de rejoindre le mouvement en organisant des assemblées à 10 heures, l’heure de leur pause. Depuis le 9 juillet, nombre d’ouvriers se sont joints à la grève. C’est l’occasion d’un rapprochement entre travailleurs des bureaux, techniciens et ouvriers d’atelier.
Depuis le début, les assemblées sont très suivies. Les travailleurs scandent « esto no se parra » (ça ne va pas s’arrêter) et ont tous à l’esprit que l’unité face à la direction est leur meilleure arme. Ils s’organisent en groupes de travail pour mener à bien les actions nécessaires. Le premier groupe a été celui de la sonorisation, ce qui a permis d’améliorer considérablement la qualité sonore de l’assemblée du lendemain. Un programme de revendications est en cours avant d’être voté en assemblée, puis transmis à la direction. Les grévistes demandent entre autres 9 % d’augmentation, le respect du paiement des arrêts maladie et de la flexibilité dans la prise des congés.
À la suite de ces mobilisations à Getafe, les autres usines d’Espagne (situées à Séville, Cadix, Albacete) ont commencé à se rallier au mouvement, organisant des assemblées et votant à main levée pour décider la grève. Illescas, l’usine de Tolède, est la dernière à se joindre au mouvement. Il est question d’une manifestation nationale le 27 juillet réunissant tous les sites.
L’issue du mouvement dépendra de la capacité des travailleurs à diriger, comme ils ont commencé à le faire à Getafe, et à maintenir l’unité qui a permis de l’étendre à l’ensemble de l’entreprise. Vive la lutte des travailleurs d’Airbus !