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États-Unis : paradis fiscal et enfer social
Le 15 avril, aux États-Unis, marque chaque année le dernier jour pour déclarer ses revenus. L’« Américain moyen », donc salarié en général, paye 15 % d’impôt sur le revenu à l’État fédéral. Alors comment se fait-il qu’entre 2014 et 2018, les 25 Américains les plus riches n’aient payé en impôt que 3,4 % de leurs 401 milliards de dollars de revenus cumulés ?
Ces ultrariches ont en fait bénéficié d’une baisse du taux marginal, celui qui est appliqué aux tranches de revenus les plus extravagants, passé de 91 % avant 1964 à 37 % depuis 2018. Mais ils rémunèrent aussi une armée d’avocats fiscalistes afin de payer un taux encore bien moindre : Jeff Bezos est imposé seulement à 0,98 % et Warren Buffet à 0,1 % !
Il n’est pas étonnant que l’État fédéral, qui taxe si peu les riches, soit en déficit permanent. Trump en conclut qu’il faut sabrer dans les dépenses sociales, et que l’État fédéral « ne peut pas s’occuper des crèches. Nous menons des guerres, on ne peut plus s’occuper des crèches. C’est à chaque État de le faire. Ils n’ont qu’à lever leurs propres impôts. »
Le milliardaire qui sert de président a enfoncé le clou : « Ce n’est plus possible de payer pour Medicaid et Medicare [programmes fédéraux d’aides aux pauvres et aux personnes âgées]. Nous ne pouvons plus nous occuper que d’une seule chose, la protection militaire du pays ».
On ne saurait expliquer plus directement que les guerres que mène l’impérialisme américain à travers la planète sont également dirigées contre les classes populaires des États-Unis.