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Dans le monde
FMI : des conséquences sociales dramatiques
Les conséquences de la guerre vont être chaque jour plus dramatiques pour les peuples. Voilà ce que développe le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) consacré aux perspectives économiques mondiales.
« La guerre est en train de redessiner le visage du monde », peut-on lire. « Après plusieurs décennies de calme relatif au terme de la guerre froide, le nombre de conflits actifs a atteint un niveau inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »
Selon le rapport, « près de 45 % de la population mondiale vit dans des pays touchés par des conflits ou des guerres civiles ». Outre le nombre de victimes, l’activité économique y chute brutalement provoquant ruine, misère, famine. Selon le FMI, les pertes de production dans les pays en conflit dépassent généralement celles qui surviennent après des crises financières ou des catastrophes naturelles graves. Même si un conflit se termine, les séquelles en sont toujours présentes dix ans plus tard.
Mais les conséquences ne touchent pas que les pays en guerre. Selon la directrice du FMI, l’actuel conflit au Moyen-Orient a entraîné un recul des approvisionnements mondiaux en pétrole de 13 % et en gaz de 20 % en plus de la flambée de leur cours. L’ensemble des chaînes d’approvisionnement de la planète est déjà touché. Les pays les plus endettés et qui importent des hydrocarbures sont rançonnés ou ne peuvent plus se fournir. L’inflation se combine avec la chute de l’activité. Au Sri Lanka, après avoir instauré un système de rationnement de l’électricité, le gouvernement en augmente les tarifs de 40 %.
Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait le tiers de la production mondiale d’engrais, se traduit aussi par une hausse des prix des denrées alimentaires. Selon le Programme alimentaire mondial, une agence de l’ONU, une crise alimentaire menace de nombreux pays.
Le FMI, créé en 1945 pour assurer la stabilité du système monétaire et en être le gendarme financier, s’inquiète de la solvabilité des États. Il observe que, sur la période 2020-2024, la moitié des pays dans le monde ont augmenté leur budget militaire « alors même que la dette publique mondiale devrait dépasser les 100 % du PIB d’ici 2028. Un niveau jamais observé en temps de paix, ce qui représente un tournant pour la politique économique et pour la vie politique en général. »
La hausse des taux d’intérêt versés aux financiers, combinée à celle des budgets militaires versés aux marchands de canons, implique à la fois un endettement croissant et des coupes drastiques dans les budgets dits sociaux, ce qui pourrait provoquer des révoltes sociales. Pour le FMI, « en Europe, une nouvelle flambée des prix alimentée par l’énergie viendrait se cumuler aux difficultés liées au coût de la vie, ce qui accentuerait le risque de voir les revendications salariales se faire plus persistantes. Dans les pays à faible revenu, où les habitants consacrent une grande partie de leurs ressources à l’alimentation, une hausse des prix des denrées alimentaires aurait de lourdes conséquences économiques et sociales. »
Le FMI redoute des soulèvements sociaux. Ce serait, au contraire, la seule voie pour mettre fin à la spirale destructrice dans laquelle le capitalisme entraîne l’humanité.