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- Lutte ouvrière n°3010
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Dans les entreprises
Fonderie lorraine – Grosbliederstroff : grève contre les suppressionsd’emplois
Les 350 travailleurs de la Fonderie de Grosbliederstroff, propriété de ZF, ont fait grève pendant plus de 10 jours contre la menace de dizaines de suppressions d’emplois et pour arracher des garanties pour leur avenir à tous.
En fin d’année, la direction avait relancé un plan pour licencier une cinquantaine des 350 travailleurs de cette fonderie qui fabrique des boîtes de vitesse et des éléments de moteur pour BMW et Mercedes. Deuxième plus grand équipementier automobile allemand, ZF voudrait aujourd’hui licencier, tout en menaçant l’avenir de tous ceux qui resteraient sur le site. Pour ce faire, il a dépêché un directeur qui se vante d’avoir fermé différentes usines.
Mal lui en a pris : le mauvais tour qu’il a essayé de jouer aux travailleurs s’est finalement retourné contre lui. Après avoir annoncé dans les ateliers que ceux dont les postes seraient supprimés auraient droit à 4 500 euros par année d’ancienneté, il a prétendu s’être trompé et ne pouvoir proposer que 2 000 euros par an, le total étant plafonné à 40 000 euros. Une provocation dans cette usine où certains travaillent depuis l’ouverture et ont désormais vingt, voire trente ans d’ancienneté.
Le 24 mars, les travailleurs y ont répondu en se mettant massivement en grève, des ouvriers aux techniciens, employés de bureaux et même certains cadres. Ils ont ensuite animé un piquet de grève en continu, weekend compris, avec le soutien des habitants et des travailleurs d’autres usines. Après deux jours, le directeur a tenté d’assigner des grévistes devant le tribunal de Sarreguemines sous l’accusation d’avoir bloqué les entrées-sorties des camions. Après que les travailleurs lui ont rendu une petite visite en nombre, il a préféré laisser tomber la procédure, ce que le tribunal a confirmé le 27 mars.
Depuis, ZF a reculé devant le manque de pièces à expédier, tombées à zéro après quelques jours de grève, camions ou pas, faute de production.
Le groupe a été obligé de faire plusieurs concessions : 2 600 euros par année d’ancienneté et surtout le non-plafonnement des indemnités ; formation longue et dispositif de reclassement ; paiement des jours de grève et aussi la garantie que ces modalités s’appliqueront pour les trois ans à venir.
Les travailleurs ont surtout appris qu’ils pouvaient, par leur nombre et leur détermination, faire reculer cette multinationale, d’autant plus si leur lutte est organisée et dirigée par eux-mêmes.