Football : la Coupe du monde du business27/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3017-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-27

Leur société

Football : la Coupe du monde du business

En 2022, la Coupe du monde de football organisée au Qatar en avait scandalisé beaucoup, avec ses stades construits par des travailleurs migrants soumis à une exploitation féroce. Mais l’édition 2026, aux États-Unis, au Canada et au Mexique, du 11 juin au 19 juillet, promet d’être pire encore.

La coupe sera organisée dans seize villes souvent distantes de plusieurs milliers de kilomètres, de Mexico à Vancouver, de Los Angeles à Boston. Les États-Unis accueillent 78 des 104 matchs, et les tarifs pratiqués sont exorbitants. Les sept millions de billets mis en vente atteignent souvent des prix astronomiques. L’association Football Supporters Europe a calculé que suivre son équipe du premier match à la finale coûterait au minimum 6 900 dollars (6 000 euros) à un supporteur, soit presque cinq fois plus qu’au Qatar. S’y ajouteront les déplacements et les hébergements, dont les prix explosent également. Quelques grandes firmes vont également gagner beaucoup d’argent sur les téléspectateurs. Pour augmenter les droits télévisés, la FIFA, organisatrice de la compétition, a élargi cette phase finale de 32 équipes à 48, et des « pauses fraîcheur » ont été introduites pendant les matchs, pour doper les recettes publicitaires.

Liée aux grandes puissances, la FIFA a exclu la Russie, en raison de la guerre contre l’Ukraine, mais pas Israël, sans parler des États- Unis… Pour les supporteurs de certains pays pauvres, comme l’Algérie, le Cap-Vert, le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou la Tunisie, des cautions de 5 000 à 15 000 dollars sont requises pour obtenir un visa. Quant aux ressortissants de l’Iran ou d’Haïti, dont les équipes sont qualifiées, ils sont tout simplement interdits d’entrée aux États- Unis.Après bien des discussions, l’équipe d’Iran pourra finalement jouer aux États-Unis... mais sera obligée de dormir au Mexique. Mais « le football unit le monde », répète Gianni Infantino. L’Italo-Suisse est un affairiste notoire, qui fait peu de cas des principes affichés par la FIFA qu’il préside – honnêteté, intégrité, fair-play. Le 5 décembre, après que Trump eut été terriblement vexé de ne pas obtenir le prix Nobel de la paix, il lui a remis un ridicule « prix de la paix » créé pour la circonstance, en saluant les « efforts infatigables » du cow-boy de la Maison Blanche « pour unir les gens dans un esprit de paix ». Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ?

Assurément, même si Trump entend bien tirer son parti de cette sinistre farce, dont les joueurs seront les figurants, et les spectateurs les faire-valoir.

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