Frontex : l’horreur en B.D.15/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3024-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-15

Leur société

Frontex : l’horreur en B.D.

Après l’adoption par le Parlement européen d’un règlement renforçant les renvois de migrants, une brochure de Frontex, la police des frontières européennes, publiée en 2024, est réapparue sur certains réseaux.

Ce « guide sur le retour » ludique, destiné aux enfants expulsés, explique : « Tu seras dans une nouvelle maison, une nouvelle école. N’aie pas peur de découvrir de nouvelles choses. Ton (a) nouveau (elle) instituteur (trice) sera peut-être gentil (le), tu pourras te faire de nouveaux amis sympathiques et découvrir de nouveaux bonbons ! »

On croit rêver, un cauchemar, en réalité, car il s’agit bien d’expulsions. Ces « nouvelles maisons » sont les tentes de camps de réfugiés où s’entassent, partout dans le monde, ceux qui ont dû fuir. Si ces enfants pouvaient réellement aller à l’école et avoir un avenir, leurs parents n’auraient jamais franchi des déserts et des mers en prenant des risques immenses. Quant aux bonbons…

Tout le reste est à l’avenant. Des encarts invitent les enfants à écrire leurs impressions sur leur propre expulsion. Le livre ose conseiller aux parents : « N’oubliez pas que les enfants vont bien lorsque leur famille se porte bien. » Sans doute devront-ils s’en souvenir au milieu des aboiements des chiens policiers ou en faisant la queue pour accéder à l’unique latrine infecte de leur centre de rétention. Ces centres, illustrés dans la brochure par des enfants jouant à la balançoire, sont décrits comme des « bâtiments avec d’autres familles qui attendent de voyager ». Ce sont juste des prisons.

Le Parlement européen légalise la création des centres de rétention et de tri d’êtres humains dans des pays hors Union européenne (UE). Avec le même souci de « vérité » que dans le guide de Frontex, ceux-ci sont qualifiés de « hubs de retour » alors que leur emplacement est sans rapport avec le pays d’origine des expulsés. En 2025, plus de 130 000 personnes ont été expulsées hors de l’UE. Mais l’institut européen de statistiques ne publie pas le nombre d’enfants parmi eux. Il ne publie pas non plus la proportion d’expulsés qui tentent à nouveau la traversée, alors même qu’ONG et journalistes indiquent depuis longtemps qu’elle est énorme. En plus d’être inhumaine, la politique d’expulsions est une complète aberration dans un monde ravagé par le capitalisme, où migrer est pour des millions de personnes la seule possibilité d’espérer un avenir.

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