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Leur société
Gauche : dans la panade
Faute de crouler sous les électeurs, la gauche de gouvernement croule sous les candidats à l’élection présidentielle. Ses différentes composantes tentent donc depuis des mois de se mettre d’accord sur le moyen de faire émerger celui ou celle qui portera ses couleurs.

Le dernier épisode a été, dimanche 12 juillet, l’interruption volontaire de la primaire de la gauche, votée par 14 000 adhérents du PS. Il sera donc organisé un vote entre les seuls adhérents socialistes et ceux de Place publique.
Cela ne résoudra pas le trop-plein de candidats à gauche. Cela va des dirigeants du PS, qui se battent en fait pour prendre ou garder la main sur leur parti, les ex- gloires de ce même parti, de Ségolène Royal à Bernard Cazeneuve, la ou les porte-parole de l’écologie, les députés en rupture de ban de LFI, comme François Ruffin. Il y a aussi François Hollande, ancien président de la République, qui espère revenir, sur un malentendu. Il y a bien sûr Raphaël Glucksmann, vipère que le PS a réchauffée dans son sein en lui offrant la tête de liste à l’élection européenne de 2024 et qui veut désormais toute la place. Et il y a évidemment ceux qui sont déjà candidats, Jean-Luc Mélenchon, qui somme les autres de se rallier à son panache blanc et Fabien Roussel, qui n’a pas les moyens d’obliger qui que ce soit, ni même probablement de maintenir sa candidature.
Tous ces partis de gauche ont participé au pouvoir, c’est-à-dire qu’ils ont trahi leurs promesses, menti aux travailleurs et accompagné les coups portés par le grand patronat ou à son profit. Ils n’ont aujourd’hui rien d’autre à proposer que ce qu’ils ont déjà fait, à quelques nuances près. Ils parlent donc dans le vide à un électorat qui s’abstient désormais en grande partie. Ainsi, faute de soutien populaire, les divers concurrents n’ont pour se départager que les coups politiques et les sondages, tous les événements artificiels commentés par la petite coterie des journalistes politiques et des instituts spécialisés.
Cela inquiète des millions d’électeurs de gauche qui, s’ils n’ont plus guère d’illusions sur les « jours heureux » que ces gens peuvent leur apporter, se demandent comment éviter les jours malheureux que Le Pen leur promet. La question et l’inquiétude sont légitimes, mais la gauche de gouvernement n’a certainement pas la réponse, unie ou dispersée. Il suffit de se rappeler que la gauche unie a porté au pouvoir un serviteur avéré du grand patronat, Hollande, lequel a accouché de Macron, pour qui la gauche a voté comme un seul homme, deux fois de suite, continuant à accompagner le glissement réactionnaire de la société et pavant ainsi la voie à Le Pen.