Gaza : ONG interdites, la population le paiera07/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2997-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Gaza : ONG interdites, la population le paiera

Depuis le 1er janvier, 37 ONG sont interdites d’exercer leur action humanitaire vitale à Gaza. Le gouvernement israélien, poursuivant la guerre aux Palestiniens par tous les moyens, leur a retiré leur accréditation.

Handicap international, Oxfam, Terre des hommes, Médecins sans frontières (MSF) et bien d’autres ont deux mois pour retirer leurs équipes et sont mis en demeure de fermer leurs bureaux à Jérusalem. Les autorités israéliennes prétendent depuis mars 2025 les obliger à se réenregistrer auprès du ministère de la Diaspora, et à présenter à cet effet la liste exhaustive de leurs employés, y compris palestiniens. Les risques sont tels pour ces derniers que les ONG ciblées refusent de se soumettre, d’autant que, même sans que leur identité ait été connue, 565 membres du personnel humanitaire ont été tués par des bombes ou des tirs israéliens depuis octobre 2023, selon des chiffres fournis par l’ONU.

Mais, surtout, comme le dénonce un responsable de MSF, le prétexte administratif avancé par le gouvernement ne dissimule même pas son refus politique. En fait, Netanyahou et sa bande d’extrême droite exigent pour les accréditer que les ONG « ne délégitiment pas l’État d’Israël, ne soutiennent pas le camp du boycott, etc. » Plus clairement, elles sont taxées de soutenir « des organisations terroristes » quand elles sont juste indispensables à la survie des Gazaouis.

Car, après avoir ciblé, depuis plus d’un an, les employés de l’UNRWA et de ce fait quasiment bloqué l’entrée de nourriture, d’eau, de médicaments à Gaza, le pouvoir israélien va encore plus loin. Sur les quelque 2 300 lits d’hospitalisation existant encore dans l’enclave, 20 % sont par exemple gérés par les soignants de MSF, qui s’occupent aussi des accouchements, de la prise en charge des grands brûlés et acheminent des millions de litres d’eau.

Pendant que l’hiver et ses tempêtes se sont abattus sur 850 000 Gazaouis dont les logements ont été détruits, contraints de survivre sous des bâches au milieu des ruines inondées, les habitants sont réduits à une « non-vie », selon les mots d’un correspondant d’Orient XXI le 28 décembre, « une existence consacrée à la recherche de nourriture, de boisson et de bois pour cuisiner et se chauffer, sans vêtements d’hiver, sans médicaments, sans logement, sans même une tente pour abriter leur famille ».

En Israël, des voix s’élèvent contre cette décision revenant à affamer encore davantage les Palestiniens de Gaza, à les priver des soins vitaux, dont celles de 17 organisations de défense des droits de l’homme. Certaines d’entre elles, comme B’Tselem et Physicians for human rights, sont d’ailleurs aussi menacées par le projet de loi sur les « agents étrangers », pénalisant les financements « étrangers » et donc visant à tarir leurs ressources.

Tandis que les obus et les bombes tuent encore à Gaza, malgré ce cessez-le-feu, l’État israélien, toujours soutenu par les grandes puissances, continue à semer la mort par la faim et le dénuement.

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