GTE Automotive : mobilisation des salariés de Durisotti et de Klégé15/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P11-1_Les_travailleurs_de_Durisotti_mobilis%C3%A9s_le_26_mars_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C18%2C800%2C468_crop_detail.jpg2026-04-15

Dans les entreprises

GTE Automotive : mobilisation des salariés de Durisotti et de Klégé

Depuis un mois, les ouvriers de Durisotti (160 salariés à Sallaumines, dans le Pas-de-Calais) se sont mobilisés, vite rejoints par ceux de Klégé (70 salariés à Bapaume).

Illustration - mobilisation des salariés de Durisotti et de Klégé

Il y a presque deux ans, la famille multimillionnaire Florimond- Desprez (400e fortune de France, qui possède le semencier Florimond) a racheté Durisotti ainsi que d’autres entreprises dans le secteur automobile : Klégé à Bapaume, la SPAC à Lesquin, Créafer à Avion. Son holding GTE Automotive a raflé des millions de subventions, en promettant des investissements et jusqu’à 2 000 embauches. Les responsables politiques ont aidé le groupe GTE, du président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, à ceux de la gauche locale.

Dans les ateliers, tout le monde a vu l’envers du décor : aucun investissement, même pas de matériel pour travailler. Presque tous les clients ont repris leurs véhicules en attente, des factures impayées pour des millions d’euros s’amoncellent. Les fournisseurs ne font plus confiance à ces mauvais payeurs. Et les comptes annuels du groupe n’ont pas été validés, en raison de leur opacité.

À la SPAC, qui appartient au même groupe, sans travail dans les ateliers, les salariés ont démissionné les uns après les autres, poussés dehors par des pressions multiples. Mais à Durisotti et à Klégé, les patrons sont tombés sur un os : les ouvriers ont réagi. Mis au chômage partiel par la faute de ces patrons qui laissent pourrir la situation, pas question pour eux d’être sacrifiés : ils veulent que les patrons payent le chômage partiel à 100 %, que les propriétaires de l’entreprise donnent des garanties pour l’avenir, de même que les pouvoirs publics qui se sont engagés les yeux fermés. Plusieurs travailleurs disent « ça fait 30 ans que je bosse là, la boîte est plus la mienne que celle des patrons ». Tout le monde voit bien que les choses seraient mieux gérées si c’étaient les ouvriers qui décidaient.

Après des premiers rassemblements devant l’entreprise et une manifestation réussie à presque 200 à Lens le 19 mars pour être reçus par le sous-préfet et le maire, les travailleurs se sont réunis devant le siège social du groupe Florimond, gardé par des gendarmes venus en force.

Face à cette mobilisation, les pouvoirs publics et Xavier Bertrand font mine de découvrir les méthodes, fausses promesses et vrais mensonges de ces patrons, mais les ouvriers ont décidé de ne pas relâcher la pression. Un rassemblement des deux entreprises à Bapaume le 9 avril a été l’occasion d’une assemblée où chacun a pu voter pour organiser une grande manifestation la semaine suivante à Arras. Ce ne sont plus les ouvriers qui attendent d’être convoqués par le préfet, ce sont eux qui le convoquent pour qu’il s’explique sur la complaisance de l’État qui donne des millions aux patrons sans aucun contrôle.

Dans la région où d’autres entreprises sont menacées ou en train de fermer, l’exemple d’ouvriers qui ne veulent pas se laisser faire et demandent d’aller chercher l’argent dans le coffre-fort des bourgeois pourrait être contagieux.

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