Hôpital Saint-Antoine - AP-HP : la direction reste de glace01/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P12-2_Brumisateur_Hop_St_Antoine_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C240%2C276%2C395_crop_detail.jpg2026-07-01

Dans les entreprises

Hôpital Saint-Antoine - AP-HP : la direction reste de glace

La canicule fin mai aurait pu être un signal d’alerte pour la direction de l’hôpital Saint-Antoine de Paris, lui laissant le temps d’installer un maximum de protections pour les patients et les travailleurs de l’hôpital contre une nouvelle flambée des températures.

Illustration - la direction reste de glace

Les solutions de la direction ont été minimales et il a fallu que, dans tous les services, les travailleurs se démènent pour protéger les patients et se protéger eux-mêmes de la chaleur, avec les moyens du bord. Seuls les horaires de travail dans certains bureaux ont été modifiés pour commencer plus tôt.

La direction a commencé par publier en urgence trois nouvelles affiches de « sensibilisation ». Comme si le personnel n’était pas déjà « sensibilisé » ! Dans les premiers jours de la canicule, dans les services sans climatisation des couvertures de survie ont été très vite installées sur les fenêtres. La direction a aussi fait livrer des ventilateurs, mais ceux-ci brassant l’air chaud, ils ne permettaient pas de faire baisser la température dans des chambres de patients où il faisait plus de 30 oC, 35 oC, voire 40 oC.

En médecine interne, où toutes les chambres atteignaient la température de 40 oC, tous les patients avaient au minimum 38 o de température corporelle, avec les conséquences que cela peut avoir sur le métabolisme. En Oncologie, un des postes de soins avait dépassé les 39 °C, mais la priorité de la direction était de climatiser les pharmacies dont les médicaments ne supportent pas des températures supérieures à 25 °C, et coûtent cher. Bien des travailleurs ont pu ainsi vérifier qu’à ses yeux leur propre santé était moins importante.

Vingt climatiseurs ont été livrés, dont cinq ont été renvoyés vers l’hôpital Trousseau, un hôpital pour enfants. Ces appareils ne font pas le compte, loin de là, et cela a été vécu comme un partage la misère. Les climatiseurs ont ensuite été distribués dans les services au petit bonheur la chance.

Quant aux tenues de travail, pour remplacer celles en coton épais, des T-shirts ont été distribués, là aussi en quantité totalement insuffisante, pas même un par travailleur. Un chef de service a pourtant osé refuser que les soignants des consultations enlèvent leur blouse et restent en civil pour recevoir les patients… Selon lui, il fallait conserver une tenue « décente » dans la fournaise.

Alors que le besoin en était évident, aucun effectif supplémentaire n’a été ajouté dans les services, que ce soit des soignants, des ouvriers, des administratifs. Le travail s’est fait, comme toujours, en courant et prendre une pause supplémentaire était impossible. Les étudiants en médecine ont eu comme tâche de distribuer des brumisateurs et des verres d’eau aux travailleurs de l’hôpital.

Même s’il n’y a pas encore eu de réactions collectives au sein de l’hôpital, les dénonciations de la situation, les réactions individuelles pour obtenir un peu plus, sont peut-être le signe avant- coureur d’une explosion de colère indispensable.

Et ce n’est pas la litanie de mails envoyés par la direction du groupe hospitalier et la direction générale de l’AP-HP qui a pu atténuer la colère sourde de ceux qui travaillent à l’hôpital. Bien au contraire, quand on voit comment ces dirigeants gèrent la canicule, on conclut que les travailleurs feraient forcément mieux, et ils le prouvent déjà.

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