Iran – États-Unis : bras de fer inégal15/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P6-1_Dessin_original_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C799%2C525_crop_detail.jpg2026-07-15

Dans le monde

Iran – États-Unis : bras de fer inégal

Le 8 juillet, trois semaines après la signature du protocole d’accord censé mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, les bombardements ont repris avec comme enjeu le contrôle du détroit d’Ormuz.

Illustration - bras de fer inégal

Sous prétexte que les Gardiens de la révolution ont attaqué des navires commerciaux qui emprunteraient le détroit sans respecter le couloir imposé par l’Iran, les États-Unis ont bombardé des dizaines de sites iraniens pendant plusieurs jours. Une nouvelle fois, la circulation dans ce détroit, par lequel transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde et des produits essentiels comme les engrais ou l’hélium, est bloquée.

Les tirs de drones iraniens et les bombardements américains, qui menacent la vie des marins, tuent des civils en Iran et dans les pays voisins, font partie d’un bras de fer inégal. En acceptant de signer un accord, le 17 juin à Versailles, Trump avait dû reconnaître que, malgré des destructions massives, la guerre israélo-américaine n’avait pas réussi à faire tomber la république islamique et qu’il devait négocier avec ce régime qui tient tête aux États-Unis depuis 47 ans. Cet accord ne signifiait pas la paix mais l’ouverture de discussions autour de la levée des sanctions économiques, de la fin de l’embargo, du dégel des avoirs iraniens bloqués dans divers pays, du programme nucléaire iranien et bien sûr des modalités de circulation dans le détroit. Le simple fait que les États-Unis soient obligés de négocier ces modalités, alors que la circulation était complètement libre avant la guerre, illustre l’échec de Trump.

Les discussions entre la première puissance impérialiste qui veut régenter le monde et les Gardiens de la révolution qui défendent leurs intérêts, c’est-à-dire ceux de la bourgeoisie iranienne, se déroulent avec des revolvers chargés sur la table. Comme l’a formulé un proche du guide suprême, le contrôle du détroit d’Ormuz « est plus important que des dizaines de bombes atomiques ». Les Gardiens de la révolution cherchent à imposer que tous les navires passent par un couloir proche de leurs côtes et paient une redevance sous prétexte qu’ils assurent leur sécurité. Trump, au nom d’une puissance qui n’a aucune proximité géographique avec ce détroit, fait exactement la même chose. Il crie à la prise d’otages, exige « la liberté de circulation » mais demande qu’en échange, chaque navire paie une taxe aux États-Unis.

Il est maintenant évident qu’il ne suffit pas d’avoir la plus grande puissance militaire au monde pour devenir « le gardien d’Ormuz ». Pour imposer une réelle liberté de navigation dans le fameux détroit, les États-Unis devraient neutraliser les forces militaires et la marine de l’Iran. Cela supposerait, à une échelle ou à une autre, la reprise d’une guerre coûteuse et peut-être le débarquement de troupes américaines au sol, avec toute l’impopularité que cela aurait aux États-Unis. Malgré ses rodomontades, Trump n’a pas, à quelques mois des élections de mi-mandat en novembre, les moyens politiques d’une telle offensive. Cela n’empêchera pas la poursuite d’un état de guerre qui plonge des dizaines de millions d’habitants du golfe Persique et du monde dans l’angoisse et prolonge les privations de la population iranienne.

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