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- Lutte ouvrière n°3017
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La Fête de Lutte Ouvrière
Jean-Pierre Mercier, le 23 mai : “affronter les capitalistes etcontester leur pouvoir”

Salut à tous ceux qui ont monté cette fête depuis plus d’un mois, salut à ceux qui l’animent aujourd’hui, qui font tourner les stands, qui partagent leur passion, leurs connaissances et leurs convictions.
Salut aux camarades venus d’autres pays, d’Europe mais aussi des États-Unis, d’Haïti, des Antilles, de la Réunion, d’Algérie, de Côte d’Ivoire, de Turquie, de Russie, de Corée du Sud… C’est pour nous une joie et une fierté immenses de donner chair à notre internationalisme en accueillant ici des camarades qui défendent les mêmes idées révolutionnaires que nous aux quatre coins de la planète, dans des conditions souvent infiniment plus difficiles que les nôtres, mais avec la même confiance inébranlable que nous dans l’avenir communiste de l’humanité ! [...]
Ici, nous sommes entre camarades […] parce que nous partageons les mêmes galères de fin de mois, parce qu’on prend tous de plein fouet l’explosion du prix de l’essence, parce qu’il faut qu’on calcule au plus juste les dépenses que l’on peut faire alors que les prix repartent à la hausse.
Entre camarades qui subissent en ce moment les augmentations de salaire ridicules ou inexistantes ou les primes au rabais que le patron a prévu de distribuer.
L’autre inquiétude qui nous unit, c’est le chômage, qui est reparti à la hausse et que la crise actuelle va forcément aggraver. Comme des centaines de milliers de travailleurs, je suis avec mes camarades d’usine, ceux de Stellantis et tous ceux des équipementiers, menacé de perdre mon gagne-pain.
La direction de Stellantis a annoncé, il y a un mois, la fin de la production de voitures sur le site, et même si elle affirme, comme à son habitude, la main sur le cœur, le contraire, nous savons nous, les 2 000 ouvriers de l’usine et les milliers de travailleurs sous- traitants, que cela veut dire la fermeture.
Nous n’allons pas nous laisser faire, mais nous savons aussi que pour faire reculer la direction sur son projet de fermeture, comme pour faire reculer Casino, Brandt, Domo, Valeo… il faudra que la classe ouvrière du pays se jette dans le combat. [...] Le patron nous a faits camarades d’exploitation, il faut que l’on soit des camarades de combat. […]
L’offensive patronale et gouvernementale
Nous sommes entrés dans une nouvelle période de guerre. Nous ne vivons pas au rythme des pluies de drones et des destructions qui plongent aujourd’hui des millions de personnes dans des souffrances infernales en Ukraine ou au Moyen-Orient.
Mais ces guerres sont des catastrophes pour nous aussi. [...]
Nous manquons d’argent pour les hôpitaux, pour l’école, pour les transports, mais on va avoir des porte-avions, des avions de chasse, des missiles intelligents. Et, au passage, on engraisse Dassault, Thales, Naval Group !
Plus il y a de morts sur le champ de bataille, plus les marchands d’armes voient la vie en rose ! [...] Ces messieurs de la bourgeoisie, eux, ils ne font pas la guerre, ils la vendent. Et nous, nous la payons rubis sur ongle !
Pas encore avec notre peau, je l’ai dit, mais on la paye financièrement. Un seul missile Mica est vendu 600 000 euros par MBDA à l’État, une heure de vol d’un Rafale, c’est 20 000 euros, l’équivalent du salaire annuel d’un ouvrier ou d’un employé payé au smic. Au total, rien que le surcoût engendré par les opérations militaires dans le Golfe se monte à 200 millions par mois.
Nous ne payons pas encore le prix du sang, mais l’état-major s’y prépare et il veut nous y préparer, nous et nos enfants à qui l’on enjoint de rallier l’armée à grand renfort de propagande et de publicité.
Ne pas faire les frais des rivalités capitalistes
Nous ne sommes pas encore en mesure d’empêcher les rivalités capitalistes, les guerres et les crises qu’elles provoquent. Mais le monde du travail peut se battre pied à pied pour que ce ne soit pas lui qui en fasse les frais.
Dans l’immédiat, le seul moyen pour protéger notre pouvoir d’achat est de nous battre pour l’augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation réelle parce que nous refusons de nous appauvrir au rythme de l’enrichissement éhonté de Total et de ses semblables.
Et puis nous devons nous préparer à imposer ce qu’aucun gouvernement ne fera : rendre publics tous les comptes. Faire la transparence complète sur les circuits financiers en communiquant toutes les informations auxquelles nous avons accès en tant que comptables, salariés des banques, gestionnaires des achats ou des stocks et en tant qu’ouvriers.
La situation exige de s’affronter au grand patronat, aux financiers et aux capitalistes. Elle exige de contester leur pouvoir de diriger toute la société. Et c’est au travers de ces combats que les travailleurs se redécouvriront comme une force politique capable de diriger la société et de soulever des montagnes.
[…] C’est pour porter cette perspective et pour défendre un programme qui représente les intérêts politiques du camp des travailleurs, que nous avons choisi de présenter la candidature de notre camarade Nathalie Arthaud à la prochaine élection présidentielle.